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Jérémy Demay vous irritait à «Big Brother»? On vous explique pourquoi

Photo: Bell

En plus d’avoir monopolisé une grande partie du temps d’antenne de l’émission Big Brother Célébrités durant la première semaine de compétition, l’humoriste Jérémy Demay a inspiré nombre de statuts sur les réseaux sociaux de la part d’internautes irrité.e.s par son comportement. Il a finalement été évincé du jeu par ses colocataires dimanche soir. Mais pourquoi trouvait-on Jérémy Demay si gossant? Une sociologue nous l’explique. 

À peine installé dans la maison de Big Brother avec ses 14 autres colocataires, Jérémy Demay a très (trop) rapidement et malhabilement proposé à plusieurs candidat.e.s de faire alliance avec lui. 

« Jouer fort, gros et vite, c’est rarement payant. Jérémy Demay devrait savoir ça, il gosse tout le monde », tweetait le chroniqueur télé de La Presse Hugo Dumas en visionnant le premier épisode. 

Imposer sa vision, jamais gagnant 

Quand 15 personnes d’âges, d’origines et de milieux différents emménagent d’un coup ensemble comme c’est le cas dans Big Brother Célébrités, c’est une microsociété qui se forme. Des normes et des valeurs se développent en fonction des individus qui la forment.  

Or, « quand une personne essaie d’imposer sa vision, ses principes culturels, ses normes, ses valeurs de manière trop importante, alors que les colocataires vont plus lentement en tenant compte des autres, cela peut être considéré, entre gros guillemets, comme une agression à la dynamique sociale », explique la sociologue Annie Cloutier. 

Pour l’harmonie d’un groupe naissant, « l’idée est de mettre sur pied une culture que tout le monde aura participé à créer ». Jérémy Demay a joué trop rapidement alors que les balises n’avaient pas encore été établies. Lui-même s’en est rendu compte lorsqu’il a été mis en danger : il a ralenti son rythme, mais il était trop tard.  

On ne t’a rien demandé 

Il n’y a pas que l’intensité et l’insistance de Jérémy qui ont déplu au public, mais aussi le sentiment de supériorité qu’il affichait par rapport aux autres. Au moment de la première élection d’un.e patron.ne de la maison, un rôle risqué que personne ne voulait vraiment assumer, il a mené une campagne insistante pour faire élire la réservée Jemmy Echaquan Dubé, la convainquant que cela serait bon pour elle, que cela l’aiderait à prendre sa place. 

En plus d’être humoriste, Jérémy Demay est conférencier dans le domaine de la croissance personnelle et auteur de trois best-sellers sur comment « bien vivre sa vie ». Si ses livres se sont vendus à des milliers de copies, ils ont également suscité bien des moqueries en raison de la dimension psychopop qu’on y trouve, laquelle peut être qualifiée de simplette, voire de ridicule.  

Jérémy Demay a appliqué ses discours de conférence à quelques-unes de ses prises de parole dans la maison de Big Brother. Or, lorsqu’ils ne sont pas sollicités, les conseils de vie ne sont pas toujours les bienvenus, croit Annie Cloutier. Ils deviennent plutôt des irritants. 

« Au Québec, si tu te présentes comme quelqu’un qui se pense supérieur, ce n’est pas très apprécié de façon générale », estime la sociologue, qui précise que les Québécois.es ont plus tendance à être égalitaristes dans leurs rapports sociaux. « Si tu te sens supérieur aux autres, ne le fais le pas trop sentir », avertit-elle. 

Finalement, qu’un homme blanc de près de 40 ans explique à une femme autochtone de 10 ans sa cadette ce qu’elle devrait faire pour bien se sentir, « consciemment ou pas, peut venir flatter dans le mauvais sens du poil certaines sensibilités », souligne la sociologue, sans ne prêter aucune mauvaise intention à l’humoriste. 

« Il y a 20 ans, probablement qu’aucun paternalisme n’aurait été perçu dans cette situation, mais aujourd’hui, on est beaucoup plus sensible à ces attitudes et ça vient jouer sur notre perception. » 

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