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La bonne étoile de Chloé Sainte-Marie

Jessica Émond-Ferrat - Métro

C’est avec des étoiles dans les yeux que Chloé Sainte-Marie parle du conte musical écrit par son défunt conjoint, Gilles Carles, justement intitulé Une étoile m’a dit. «La force du conte, c’est que ça n’a pas d’âge, les règles sont différentes, et c’est intemporel, dit-elle. Celui de Gilles est irrévérencieux, avec une portée philosophique. C’est très manichéen, comme tous les contes, mais ce qu’il a de différent, c’est qu’on n’anéantit pas le méchant. Il montre que le mal est aussi nécessaire au bien, que c’est avec l’amalgame des deux que tu peux vivre. C’est très d’actualité, et très carlien!»

Au départ, Une étoile m’a dit devait être un film d’animation. Le scénario dormait dans les tiroirs de Gilles Carle depuis 1984. «Le projet n’est jamais mort, affirme Chloé Sainte-Marie. On a toujours gardé l’envie de le réaliser, mais un film d’animation, à l’époque, ça coûtait une fortune. J’avais essayé, encore il y a trois-quatre ans. Les chansons sont tellement belles que j’étais frustrée de ne pas les faire connaître au grand public.»

C’est au printemps dernier, en rentrant d’une tournée sur la Côte-Nord avec le musicien et réalisateur Réjean Bouchard, que la conjointe du défunt cinéaste a eu le flash. Et si elle enregistrait le conte sur disque? «Réjean était libre à ce moment-là pour y travailler avec moi, le timing était parfait. J’ai vu mes producteurs tout de suite en revenant, et l’affaire était dans le sac!» raconte-t-elle.

Une étoile m’a dit raconte l’histoire de Marie-Noëlle (à qui Chloé Sainte-Marie prête sa voix dans les chansons), qui, une veille de Noël, rencontre un homme nommé Victor (Émile Proulx-Cloutier). Ensemble, ils feront face à un «mé­chant» père Noël (Bernard Adamus) qui a pris la place du «vrai» père Noël (Yves Lambert).

Seules les chansons figurent sur le disque, pour le moment : l’histoire qui fait le lien entre elles est écrite dans un livret inclus avec le CD. Plusieurs projets sont à venir néanmoins, notamment celui de faire du conte un livre illustré, de monter un spectacle, et même de porter enfin l’histoire au grand écran. «Mais d’abord et avant tout, on voulait faire connaître ces nouvelles chansons de Noël, qu’elles puissent vivre in­dépendamment du conte», explique la chanteuse.

Pour enregistrer lesdites chansons, Chloé Sainte-Marie a fait appel à des artistes qu’elle «voit comme ses frères». «Pour moi, c’était important que ce ne soit pas des artistes de la musique populaire, mais vraiment des gens avec une carrière parallèle, en marge des sons qu’on entend d’habitude. Même avec ceux que je ne connaissais pas, comme Bernard Adamus, on a développé une fraternité presque instinctive. On fait partie de la même famille musicale.»

Outre Adamus, Émile Proulx-Cloutier et Yves Lambert, la chanteuse s’est ad­joint Florent Vollant, Éloi et Jonathan Painchaud, Henri-Paul Bénard, Yves Desro­siers, Le Vent du Nord et La bande Magnétik. Sans ou-blier Marie-Ève Blanchard, la biographe de Gilles Carle, qui a adapté le scénario en conte musical et écrit notamment la chanson Ce qui ne peut se taire. «C’est un texte que Gilles voulait faire, mais n’avait pas pu, explique Chloé Sainte-Marie. Marie-Ève est tellement dans l’imaginaire de Gilles qu’elle a écrit ce qu’il aurait écrit, c’est incroyable. C’est une grande poète.»

La chanteuse croit qu’Une étoile m’a dit est appelé à revivre à chaque Noël, comme d’autres œuvres de son défunt conjoint. «Son film Léopold Z, par exemple, est un grand classique de Noël, une œuvre originale qui repasse à la télé à chaque période des Fêtes. Ce conte, il est dans la même lignée, il est appelé à avoir la même trajectoire. C’est Gilles Carles, tout ça, lance-t-elle amou­reusement. Son œuvre se perpétue et va voyager encore.»

Parmi les pièces d’Une étoile m’a dit, on retrouve l’Ave Maria chanté en
latin, en innu et en exploréen, langue inventée par Claude Gauvreau,
dont les paroles sont ici signées François Guy. «Je trouvais qu’il était
intéressant de faire un parallèle entre la langue des Premières
Nations, le latin, langue des conqué­rants, et le langa­ge inventé de
Gauvreau, dit Chloé Sainte-Marie. Les incantations de l’Ave Maria
aboutis­sent à la fin comme une sorte de mantra puissant, chanté par La
Bande Magnétik… Ça me chavire!»

Une étoile m’a dit
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