Marie-Sissi Labrèche: vingt ans de mots
En attendant un prochain roman, Marie-Sissi Labrèche publie Amour et autres violences, un recueil qui regroupe 12 nouvelles écrites au cours des 20 dernières années. Rencontre avec l’auteure de Borderline.
Quel est le but de ce recueil?
À une époque, mes romans avaient un but, entre autres celui d’aider avec Borderline. Maintenant, je veux faire de l’art pour faire de l’art.
D’où viennent toutes ces nouvelles?
J’ai beaucoup publié dans des magazines, dont certains n’existent plus. Mon éditrice a trouvé ça intéressant de regrouper ces nouvelles. Dans le fond, c’est un livre pour les fans.
Pourquoi ce titre, Amour et autres violences?
Les personnages sont prêts à tout pour quelque chose qu’ils pensent être de l’amour, mais qui, en réalité, n’en est pas. Dans chaque nouvelle, ils vont jusqu’à se détruire.
Les nouvelles vous ressemblent-elles?
Plus vraiment aujourd’hui. Ce sont des nouvelles écrites sur 20 ans, et en 20 ans, on change. On voit les styles que je suis capable d’adopter. Je testais, dans les nouvelles, ce que je ne pouvais pas faire dans les romans.
Vous aviez 22 ans lorsque vous avez écrit votre première nouvelle.
Non. Mais officiellement oui, Canes et étoiles était ma première publication.
Ces nouvelles sont-elles des autofictions, comme vos romans?
Pas vraiment. Mon Montréal à moi est une vraie autofiction, il y a des bouts de moi. Mais la première nouvelle (Travelling), pas du tout.
Mon Montréal à moi est une nouvelle sans point. On la lit à un rythme effréné, comme celui de votre vie à cette époque.
Je voudrais écrire des livres de ce genre-là. C’est ma force, mais je ne me le permets pas. C’est un rythme intérieur que j’aime. C’est le rythme que j’utilise quand je parle. Je ne mets pas de points, je respire entre deux mots.
Travelling est-elle une nouvelle inédite?
Oui. Je l’ai écrite il y a trois mois. Avec cette nouvelle, j’ai fait un trip des mots. Le scénario est improbable, mais j’avais surtout envie de marier des mots et des images qui ne vont pas ensemble. C’est une vraie improvisation.
Où allez-vous chercher toutes ces idées?
Je ne le sais pas, câline! Je viens d’un milieu très «fucké». L’intimité avec les individus, se montrer tel qu’on est vraiment, c’était quelque chose de difficile.
Avez-vous de nouveaux projets d’écriture?
Oui, j’en ai même deux! Des projets différents de ce que j’ai l’habitude d’écrire. Je suis en transition. La famille sera présente, mais la folie, moins. C’est une chose avec laquelle je suis en paix aujourd’hui.
Amour et autres violences
Éditions du Boréal
Présentement en magasin