Culture

Conte d’amour, un conte extrême au FTA

Conte d’amour, un conte extrême au FTA
Photo: Robin Junicke

L’artiste plasticien Markus Öhrn propose une expérience théâtrale subversive, intransigeante et drôle. Mélange explosif de théâtre, de performance et de vidéo, Conte d’amour est une œuvre forte sur un amour incestueux qui met le spectateur en posture de voyeur.

Le spectacle du Suédois invité pour la première fois au Festival TransAmériques (FTA), plonge les spectateurs dans l’amour malsain et possessif d’un père pour ses enfants. Créé à Berlin en 2010, le spectacle s’inspire de l’histoire de l’Autrichien Josef Fritzl, qui avait séquestré pendant 24 ans sa fille et trois des sept enfants nés de leur union incestueuse.

Un dispositif divise l’espace scénique en deux niveaux. En haut se trouve la maison du père et en bas, la cave où est enfermée sa progéniture. Caché du public, l’espace de jeux, où évoluent les comédiens pendant la presque totalité du spectacle, est filmé par une caméra fixe et une autre manipulée par les comédiens. L’action est projetée sur deux écrans au- dessus de la scène.

Bien que le thème de l’inceste évoque malaises et interdits, c’est le traitement pourtant délicat de Öhrn de cet amour malsain qui dérange le plus. Les spectateurs assistent avec un mélange de fascination et dégoût aux jeux, chants et rituels de cette famille prise au piège par un père monstrueux.

Les trois enfants, interprétés par trois comédiens adultes, se prêtent aux lubies du père qui les nourrit de McDonalds et de chips. La distance grotesque imposée par leurs corps virils semble permettre le rire avant l’horreur.

Mardi soir, la salle a réagit à plusieurs reprises devant ce cauchemar intime, spécialement lorsque le père ordonne à ses enfants de jouer des percussions africaines alors qu’il se déchaîne dans une danse excessive et folle.

Le texte est minimal. Le son, la musique et l’image dominent ce conte déroutant qui révèle un amour extrême.