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Francos : Le cinéma permanent de 1995

Photo: Antoine Durand

Groupe de l’heure dans la nouvelle vague de rappeurs français, 1995 a lancé en janvier dernier un album qui cartonne grâce à plusieurs tubes, dont Flingue dessus et Pétasse blanche.

Petite discussion avec Fonky Flav’, l’un des six membres de la formation composée de jeunes de 20 à 25 ans, avant leur retour aux FrancoFolies.

Pourquoi 1995?
Nous avons beaucoup de disques chez nous. On s’est rendu compte qu’il y avait des choses qui nous plaisaient pas mal dans ceux des années 1990 : des rappeurs de divers groupes qui se retrouvaient sur les beat box battles rules, des labels indépendants… Il y avait aussi des trucs sur les enregistrements, plus osés peut-être, qu’on ne retrouve plus aujourd’hui. Davantage d’émanations. À la télé, le rap en était à ses débuts, d’où une autre façon de concevoir le business. C’est cela qui nous a plu, cet état d’esprit général. Cependant, aujourd’hui, nous n’écoutons que du rap actuel. Nous ne sommes pas bloqués dans un délire nostalgique du style : «Le rap, c’était mieux avant.»

J’imagine que vous êtes fans de Mc Solaar, de son écriture gainsbourienne, et de la formation IAM?
Oui, Solaar fait partie de nos références. Son travail d’écriture nous interpelle. Quant à IAM, nous sommes encore plus fans depuis qu’on les connaît personnellement. On a eu la chance de les croiser et ç’a été une rencontre immense pour nous. Comme tous les jeunes de notre génération, on a tellement écouté leurs disques qu’ils sont usés et ne peuvent plus tourner sur la platine!

On retrouve beaucoup de représentations de vous-mêmes dans vos chansons, comme s’il s’agissait d’un cinéma permanent où vous seriez vos propres personnages.
On parle beaucoup de nous, mais le rap, c’est une musique d’ego. Donc, c’est très terre à terre. Lorsqu’il s’agit de fiction, on fait en sorte que cela se sache. Il ne faut pas raconter n’importe quoi ni faire croire qu’on est n’importe qui. Parfois, nous sommes des personnages, mais la plupart du temps, on décrit nos vraies vies. Et on essaie de mettre tout ça en images afin que les gens qui nous écoutent imaginent vraiment des choses.

Vous utilisez parfois l’approche Goscinny, le créateur des Astérix, c’est-à-dire la proposition d’un second niveau de lecture, comme c’est le cas avec Pétasse blanche.
C’est un morceau qui sonnait très «club». On s’est dit : «On ne va pas faire un morceau club, ça serait trop facile.» Puis, on s’est demandé : «Qu’est-ce qui se passe dans les clubs?» Il y a parfois des gens qui prennent des substances. Nous, on trouve ça ridicule. Souvent, on arrive dans des soirées, et les mecs sont déchirés. Ce n’était pas un délire moralisateur ni un truc fait par prévention, mais bien une chanson pour se moquer des gens du showbiz qui n’en peuvent plus de s’envoyer des grammes de farine. On s’est dit : «Ça serait rigolo que le titre joue dans les clubs pendant qu’ils inhalent leur petite ligne.»

Avec la très accrocheuse pièce Flingue dessus, certains pourraient croire que vous faites l’apologie des armes à feu.
C’est le premier titre de l’album et le premier clip. La pièce est très efficace, et on hâte de la faire en tournée. Quand on dit qu’on «flingue» sur un truc, il s’agit d’une expression à nous qui signifie qu’on domine la situation. Du coup, les gens connaissent déjà l’expression. Au départ, on s’est dit que certains allaient mal le prendre, mais non, pas du tout, surtout si on voit le clip, qui n’a absolument rien à voir avec la violence.

1995
Au Club Soda
Mercredi à 19 h aux Francos

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