Né quelque part, un film de Mohamed Hamidi
Avec Né quelque part, le cinéaste Mohamed Hamidi souhaite provoquer une réflexion sur le déracinement et la quête de soi, tout en faisant rire.
C’est d’abord en sa qualité de musicien, puis de metteur en scène, que Mohamed Hamidi (qui a aussi travaillé avec Martin Matte et Rachid Badouri) a côtoyé l’acteur et comique français Jamel Debbouze.
Lequel, aussi coproducteur du film, tient le rôle du cousin du personnage central nommé Farid. Un jeune beur, étudiant en droit, à qui son père, malade, demande de se rendre en Algérie afin d’empêcher qu’une entreprise étrangère ne rase la maison qu’il a laissée là-bas. Le hic, c’est que Farid ne parle pas arabe et qu’il n’a jamais mis les pieds dans le pays de ses ancêtres. Qu’à cela ne tienne, son cousin (Jamel Debbouze), un roublard combinard qui rêve de la France depuis toujours, se chargera de son initiation.
Ce qui conduira Farid (Tewfik Jallab) à découvrir un monde fascinant, qui n’est pas tout à fait le sien sans lui être tout à fait étranger.
«Si je suis un peu Farid? Oui, plus qu’un peu je crois, sourit Mohamed au bout du fil. C’est complètement inspiré d’une réflexion que j’ai eue à un moment sur mes origines, ma famille, ma vie, et l’importance de la filiation entre parents et enfants. Je suis d’origine algérienne et nous étions 11 à la maison. Pour moi, la famille représente quelque chose de fondamental», explique le réalisateur qui n’a cependant pas connu la vie de clandestin et qui fait dire à un personnage dans une scène rigolote : «Tu sais comment on dit intimité en arabe?» «Non» «Ça n’existe pas!»
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C’est que, derrière les tableaux de la quotidienneté, qui se succèdent comme autant de scènes et d’images (très belles) de l’Afrique du Nord (le film a été tourné au Maroc), le spectateur perçoit à quelques reprises le bagage humoristique du réalisateur, auquel se mêlent ses valeurs de militant associatif. «Cette histoire permet peut-être aux gens de mieux comprendre les autres. Elle permet aussi de leur expliquer qu’il ne s’agit pas d’un affrontement de l’un contre l’autre. C’est-à-dire des immigrés qui veulent venir en France pour profiter de la Sécu. Il y a des histoires derrière cela, des déchirements», avance Mohamed Hamidi, qui avait d’abord écrit un récit d’une centaine de pages sans trop savoir ce qu’il en ferait. Avant de le faire lire à des gens, dont Debbouze, qui l’ont convaincu d’en faire un scénario. Ce qui fut fait avec le soutien du scénariste Alain-Michel Blanc.
Et qu’est-ce que Mohamed Hamidi aimerait que les cinéphiles retiennent de son film? «D’abord l’humour. Je crois que c’est un film réjouissant, malgré les situations difficiles qu’il évoque. Et ensuite, son aspect universel. L’important, d’où que l’on vienne et d’où que l’on soit dans le monde, c’est de se tourner vers sa famille. Il faut savoir d’où on vient pour savoir où on va.»
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Né quelque part
En salle dès vendredi