«Les villes sont plus vertes que les banlieues» – Edward Norton
Quand on discute avec Edward Norton, on se rend vite compte de sa passion pour la planète. Et l’homme connaît son sujet, lui qui agit pour les Nations unies à titre d’Ambassadeur de bonne volonté pour la biodiversité. Il est également l’un des fondateurs de Crowdrise, un réseau social destiné à favoriser le financement d’organisations caritatives grâce à un site web novateur.
Vous avez fait beaucoup pour améliorer les logements pour personnes à faible revenu. Est-ce un domaine où on peut mettre en application des initiatives vertes?
Absolument. Il est possible d’appliquer les normes d’efficacité énergétique et de durabilité aux logements à prix abordable. Et non seulement est-ce meilleur pour l’environnement, meilleur pour les villes et meilleur pour la santé des résidants, mais en plus, cela s’avère très économique. En fin de compte, les coûts supplémentaires qu’implique une approche plus écologique et durable dans les logements abordables peuvent être récupérés en quelques années grâce aux économies que permet de réaliser l’efficacité énergétique.
Beaucoup de gens jugent que les bâtiments verts sont plus chers.
On associe parfois les valeurs environnementales à une sorte de choix élitiste ou que seuls les gens aisés peuvent se permettre de faire. Cela n’est absolument pas vrai. Certaines technologies coûtent davantage au départ, mais quand on calcule les coûts d’utilisation, on se rend non seulement compte que faire des choix plus durables permet de récupérer cet argent, mais qu’en plus, on va réaliser à long terme des économies en profitant d’un très bon rapport coût-efficacité. Les entreprises et les gouvernements intelligents sont en train de comprendre cela.
La présente édition verte est consacrée aux villes. Les villes peuvent-elles être respectueuses de l’environnement?
La densité urbaine fait en sorte que les gens pensent que les villes sont extrêmement énergivores, mais la vérité est que, per capita, elles sont beaucoup plus efficaces sur le plan énergétique que la banlieue. Per capita, New York est probablement une ville plus verte qu’une banlieue type. En tout cas plus qu’une ville comme Phoenix, où vous avez des dépenses énergétiques incroyables à cause de l’étalement urbain et de la façon dont la ville est construite – et aussi à cause du manque de transport en commun, entre autres.
Le fondateur de Pirate Bay estime que les jeunes jugent les enjeux environnementaux dépassés et sont davantage préoccupés par les problèmes de liberté d’expression.
Je ne suis pas d’accord. Nous continuons à voir une prise de conscience et des préoccupations de plus en plus grandes au sujet de la durabilité, de la perte de la biodiversité et des changements climatiques. La star de Fight Club se bat depuis longtemps en faveur de la durabilité, soutenant en particulier la nécessité d’être vert en milieu urbain.
Je pense que l’environnement est l’un des rares sujets dont on débat dans toutes les sociétés. Les enjeux relatifs à la liberté d’expression sont, peut-on dire, plus importants dans certains pays. La durabilité, elle, est importante de la même manière partout.
Transformer les excréments humains en énergie devient possible. Qu’en pensez-vous?
Je crois que nous allons devoir aller résolument dans cette direction. Nous allons devoir considérer la production d’énergie à partir des excréments solides, mais aussi à partir des eaux usées et des eaux d’égout. Et, au-delà de la question énergétique, je crois que l’eau va être l’une des grandes urgences des XXIe et XXIIe siècles.
Prenez un endroit comme Singapour, où un virage a déjà été effectué à cet égard. Eh bien, non seulement les eaux des égouts municipaux leur servent-elles pour l’irrigation, mais elles contribuent également à leurs réserves d’eau potable. Évidemment, on va faire des blagues à ce sujet, mais il reste que nous allons devoir nous aussi nous montrer plus efficaces pour refermer la boucle et parvenir à réutiliser les eaux usées à tous les niveaux.
• Pleins feux sur l’environnement
Edward Norton a attiré l’attention sur les causes environnementales grâce à Crowdrise. «Cette année, nous avons discuté du Jour de la Terre et avons essayé de voir ce que nous pourrions faire pour mousser les efforts de conservation ou certaines initiatives, explique le comédien. Je crois que les gens auront droit à des types particuliers de campagnes et de compétitions soulignant le rôle de grandes organisations environnementales.»
• Qu’est-ce que Crowdrise.com?
Crowdrise est la révolutionnaire plateforme de financement d’Edward Norton.
«L’idée a germé après que j’aie passé des années à appuyer des causes. Peu à peu, j’ai réalisé avec une certaine douleur qu’il existe de nombreux coûts liés à la tenue même d’une collecte de fonds. On perd parfois 40 % de l’argent amassé en coûts divers pour produire l’événement. Le service que nous voulons d’abord rendre, c’est d’offrir la possibilité aux gens de s’approprier leurs causes et d’avoir une réelle incidence grâce aux puissants outils de réseautage en ligne. Nous voulons aussi que les organismes parviennent à collecter des fonds pour une fraction des coûts nécessaires à la réalisation d’un financement traditionnel.»
• Pour trouver une organisation caritative éco-responsable sur le site Crowdrise, visitez Crowdrise.com/earthday2012