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Alexandre Poulin, éternel rêveur

Photo: Chantal Lévesque/Métro

Troubadour des temps modernes, Alexandre Poulin revient avec Le mouvement des marées, un troisième album rempli de petites histoires.

Sur son troisième album, Alexandre Poulin parle d’infidélité (Le mouvement des marées), de deuil (Petit géant), de familles décimées par la guerre (Diamant noir)… Et pourtant, du Mouvement des marées émane une lumière qui est toujours bien présente dans les pièces de l’artiste. «Je ne m’en rends pas compte en écrivant, jure-t-il. Mais je suis un rêveur, je crois en la beauté de l’humain, et c’est tant mieux si je peux semer un peu de lumière dans le monde. Je n’ai pas envie de participer au pessimisme ambiant; il y a déjà bien assez de gens qui s’en occupent!»

Fraîchement débarqué d’Europe, où il était en tournée – et où il a écrit la moitié de son nouvel opus –, celui qui se décrit comme «plus proche de l’artisan que de l’artiste», en raison des très nombreuses heures qu’il passe à travailler ses chansons dans le détail, a été fortement influencé par ses voyages et ses rencontres durant l’écriture des récits qui  composent son disque. «Chaque disque me permet de poser un jalon dans ma vie, de voir qui je suis, où je suis rendu, ce que j’ai envie de dire, décrit-il. Je vois un album comme un polaroïd – ou un Instagram! – d’un moment-clé de ma vie. C’est pour ça, entre autres, que je ne récupère pas de vieilles chansons que je n’avais pas gardées pour mes albums précédents, quand je travaille à un nouveau. Ça serait comme si je remettais le linge que je portais au secondaire, que je trouvais cool à l’époque… mais plus tellement maintenant! Je suis rendu ailleurs, et c’est une très bonne chose.»

C’est aussi dans l’optique de ne pas se répéter qu’il procède ainsi, fait-il remarquer. «C’est important de se mettre en danger. On n’est pas artiste pour jouer safe, mais pour prendre des risques… sinon, je vendrais des assurances!»

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Se mettre en danger, sortir de sa zone de confort, c’est ce qu’il a fait en abordant pour la première fois… les relations amoureuses. Dur à croire, mais l’auteur-compositeur avait jusqu’ici réussi à éviter le sujet. «C’était assez tabou pour moi, avoue Poulin. J’ai toujours peur d’être quétaine, et s’il y a un sujet quétaine, c’est bien l’amour!» Mais une rencontre qu’il a faite l’a inspiré, ébranlé, «et je me suis dit qu’il fallait que j’arrête d’avoir peur», raconte-t-il. «Je ne me suis pas mis de barrières, et j’en suis très content. Je n’ai toujours pas de chanson d’amour à proprement parler, mais j’ai quand même cinq chansons qui traitent des relations hommes-femmes.»

Même s’il chante ses histoires à la première personne, toutes les pièces ne parlent pas forcément de lui, souligne par ailleurs l’artiste, qui s’inspire souvent des gens qui l’entourent. «Ça fait partie de la tradition folk que de chanter au “je”, dit-il. On est cent fois plus touché par quelqu’un qui nous raconte ce qu’il a vécu que par quelqu’un qui relate ce qui est arrivé à quelqu’un d’autre. C’est aussi un levier pour moi en concert, c’est plus facile d’être vrai et empathique quand je raconte quelque chose à la première personne. Et je me fais un plaisir de ne pas tout dire et de laisser les gens se demander si je parle de moi ou de quelqu’un d’autre. La vérité est toujours plus décevante qu’une part de mystère!»

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