Vague de joie
Après avoir planté son chapiteau dans la cour de la TOHU au festival Montréal complètement cirque à l’été 2012, la troupe des Îles-de-la-Madeleine Vague de cirque emmène cette fois son spectacle Carrousel et corde à linge dans le Vieux-Port de Montréal jusqu’au 2 novembre.
Ce qui frappe d’abord en entrant sous la tente jaune, c’est la proximité avec la scène, au-dessus de laquelle s’étend la corde à linge annoncée dans le titre du spectacle. Et ce sentiment ne fait que s’amplifier à l’arrivée des acrobates, alors qu’on a carrément sous le nez les muscles qui se tendent, les gouttes de sueur, l’expression de concentration ou de rigolade sur leurs visages.
Et rigolade il y a, beaucoup, car Carrousel et corde à linge, quatrième spectacle de la compagnie fondée en 2009 par Alain Boudreau et Noémie Gervais, mise beaucoup, beaucoup sur l’humour. Et franchement, ça marche. À commencer par ce maître de cérémonie/clown, rustre et cabotin (Philippe Trépanier), qui, après avoir livré un (très drôle) discours de mise en garde sur les dangers de fumer dans un chapiteau, notamment, s’est mis à interagir avec le public en prenant une gorgée dans la bouteille de bière d’un spectateur, en s’essuyant les mains sur les cheveux d’une autre… ce qui aurait pu être rebutant, si son charisme et son humour gamin ne nous avait pas aussi rapidement conquis. Un conseil, toutefois: si vous n’aimez pas être sous les projecteurs, évitez les sièges de la première rangée!
Le spectacle débute sur un quiproquo, alors que les acrobates se rendent compte que les spectateurs sont arrivés et se mettent à courir partout en criant : «Sont là! Sont déjà là!» Vous l’aurez compris, on est plongés dans une mise en abyme, et le spectacle suit le fil conducteur de la vie des forains. Les huit artistes nous en mettent plein la vue avec des numéros qu’on a bien sûr déjà vus (jonglerie, trapèze, contorsions…) mais ils réussissent à réinventer la chose en y ajoutant une touche toute personnelle. On pense entre autres à ce moment où la scène se métamorphose en un immense tourne-disque, à cette acrobate qui réussit à mettre ses souliers à talons hauts en faisant le grand écart, ou encore à cet artiste à qui ses comparses doivent apporter tour à tour de l’eau, du chocolat, de la poudre pour les mains, pour qu’il exécute ses impressionnantes pirouettes…
Le plaisir est certes l’ingrédient-clé de Carrousel et vague de cirque; on rit sans arrêt et les sympathiques acrobates, eux aussi, semblent s’amuser comme des petits fous et ne pas se prendre trop au sérieux. Et même les imperfections – une quille échappée ici, un saut manqué là – ne font qu’ajouter au réalisme de la chose et à notre degré d’émerveillement quand tout le reste est exécuté à la perfection. Et comme on a autant de plaisir durant les numéros qu’entre ceux-ci, les deux heures passées sous le chapiteau passent à une vitesse folle; on aurait bien pris une autre petite vague de cirque pour la route…
Carrousel et corde à linge
Sous chapiteau dans le Vieux-Port de Montréal
Jusqu’au 2 novembre