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Ian Kelly: ligne de cœur

Photo: Martin Girard

Un peu plus de deux ans après son Diamonds & Plastic, le musicien montréalais Ian Kelly lance son quatrième album, All These Lines, sur lequel amour, bonheur et préoccupations environnementales se côtoient toujours.

Pour la première fois l’automne dernier, Ian Kelly a écrit plus de chansons que celles qui se retrouvent sur l’album – beaucoup plus. Une bonne cinquantaine. La raison est très simple : «Je voulais faire quelque chose de bon. Tout le monde sort des disques. Déjà, c’est une démarche très égoïste de faire des disques. Les gens n’ont pas besoin que je sorte un album, c’est moi qui veux en faire et qui suis privilégié, et je crois que la moindre des choses, dans ce cas-là, c’est de faire le meilleur disque possible.»

Contrairement à ses albums précédents, ce n’est pas au fil d’une tournée que Ian Kelly a écrit All These Lines, mais bien chez lui, en «vivant sa vie». «Je n’étais pas à moitié là, je me levais le matin, je me faisais un café, je disais au revoir à mes enfants, j’allais faire mon disque en pyjama, décrit-il. Il y a une intimité qui est ressortie du fait que je sois dans mes affaires.»

L’artiste a par ailleurs enregistré lui-même, avec son réalisateur Éloi Painchaud,  presque tous les instruments. «Je me suis acheté un sync analogue, j’en ai mis partout, j’ai trippé; une cool guitare électrique et des nouveaux micros aussi… Évidemment, j’avais envie de m’en servir, et c’est sûr que les instruments qu’on utilise, ça change la façon dont ça sonne», avance Kelly.

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C’est notamment ce qui explique qu’il émane d’All These Lines une impression de bonheur, comme le fait que le chanteur souhaitait que son disque soit «épique et pas déprimant». «J’ai 34 ans, je peux encore rêver de jouer dans des arénas, sourit-il. En ce moment, j’ai envie de faire des trucs qui bougent; du folk tranquille, je pourrai faire ça quand j’aurai 75 ans. Et je suis tanné de me faire dire que je fais du folk de toute façon. Ça n’a jamais vraiment été le cas!»

Les préoccupations environnementales et sociales de l’artiste sont bien sûr toujours présentes : «Plus je vieillis, plus je suis découragé, plus je trouve qu’il n’y a pas de solution, même si je suis heureux quand même, nuance-t-il. Si on est super malheureux, on ne peut pas travailler à trouver des solutions. Je ne trouve pas qu’on progresse beaucoup, c’est toujours l’économie au détriment de tout le reste, et ça m’attriste, je ne comprends pas. L’être humain est assez… stupide. C’est comme si le monde n’avait pas d’enfants, comme si c’était correct si la planète ne durait que 50 ans encore. Et puis je ne comprends pas pourquoi l’économie et l’environnement ne pourraient pas aller de pair?»

Deux solitudes
Quand on lui parle du gala de l’ADISQ de dimanche dernier, Ian Kelly (qui est né d’un père francophone et d’une mère anglophone, mais qui chante toujours en anglais par choix artistique) avoue ne se sentir que peu concerné.

«Ça me rappelle, chaque année, à quel point il y a un clash entre l’anglais et le français, souligne-t-il. J’ai un problème avec le fait qu’il n’y ait pas le “F” de “francophone” quelque part dans l’acronyme, parce que ça ne représente pas le Québec, ça représente la francophonie. Pour moi, c’est un peu hypocrite, d’écouter autant de musique anglophone et de tourner le dos à celle qui se fait ici. Le meilleur album hip-hop cette année, il était peut-être en anglais. Je trouve ça super important de protéger la langue française, mais ça ne devrait pas se faire au détriment des artistes anglophones.»

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All These Lines
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