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Delivery Man: la douleur qui fait rire

Chris Pratt, celui qui, dans Delivery Man, reprend le rôle que tenait Antoine Bertrand dans Starbuck, parle de l’humour qui réside dans le désespoir.

Chris Pratt est devenu une machine à gonfler et à rétrécir récemment. Après être devenu extrêmement musclé dans Zero Dark Thirty, il s’est com­plètement laissé aller pour Delivery Man (Donneur anony­me), la version américaine de Starbuck, où on le retrouve grassouillet et flasque dans le rôle du meilleur ami et avocat pessimiste et malchanceux du personnage de Vince Vaughn. Et juste après, il a retrouvé une forme de superhéros pour le Guardians of the Galaxy de Marvel, qui doit prendre l’affiche l’an prochain. Ça semble bien douloureux, tout ça… Mais Pratt n’a aucun problème à ce qu’on rit de sa douleur.

Vous avez les meilleures répliques du film.
Oh, merci, c’est gentil. C’est écrit comme ça. C’est un personnage très drôle. Le personnage de Vince est plein d’espoir, mais la meilleure comédie vient plutôt du désespoir, et c’est là-dedans que se trouve celui que je joue. C’est un gars triste, misérable, et c’est ce qui donne les trucs les plus drôles. Je pense que la réalisation ultime, pour moi, c’est de jouer quelqu’un qui est dans un tel état de douleur et que les gens trouvent ça hilarant à regarder. Mais bon, j’espère aussi que ma douleur n’est pas entièrement comique. La douleur comique est celle qui ne blesse pas réellement. Si une brique tombe sur la tête de quelqu’un et que sa tête explose et qu’il meurt, personne ne rit. Mais si une brique tombe et heurte quel­qu’un, et que cette personne continue à marcher comme si de rien n’était, ça, c’est drôle. C’est ironique, vous voyez? Parce qu’on ne s’attend pas à ça. C’est la douleur moins le traumatisme, et c’est là qu’on sait que le personnage va s’en sortir, et c’est pour ça qu’on accepte de rire de sa douleur.

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Les quatre enfants de votre personnage semblent avoir à peu près le même âge.
Oui, on n’a pas traîné. J’ai dû créer tout un contexte à ce personnage, je me disais que sa femme et lui s’étaient sans doute rencontrés à la faculté de droit ou quelque chose, qu’elle avait eu une super offre d’emploi qui les aurait menés à acheter un appartement à Brooklyn, qu’ils ont eu un enfant, et qu’elle lui avait alors dit : «Si tu restes à la maison avec le bébé, je peux continuer à travailler et devenir associée.» Et mon personnage a accepté, parce que c’est quelqu’un de progressiste, qui peut composer avec l’idée d’être un père au foyer. Et la prochaine chose qu’on sait, quatre ans plus tard, ils ont quatre enfants, la flamme s’est éteinte, mon personnage a pris du poids, sa femme couche avec un de ses associés et c’est elle qui subvient aux besoins de sa famille. C’est une histoire classique, avec les sexes inversés. Tant d’hommes depuis les années 1950 ont fait subir ça aux pauvres mères de famille – ils les ont mises enceintes, leur ont délégué toutes les responsabilités par rapport aux enfants, avant de se sauver pour coucher avec une fille plus jeune et plus jolie. Mais ils sont pris là, ils ne peuvent pas disparaître complètement, parce qu’ils ont ces foutus enfants à nourrir.

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Delivery Man
En salle dès vendredi

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