Oldboy: la vengeance dans la peau
Josh Brolin offre son point de vue sur l’adaptation qu’a faite Spike Lee du classique coréen Oldboy, dans laquelle il tient la vedette.
À la rencontre de presse à propos de la nouvelle version d’Oldboy par Spike Lee, le traiteur a préparé une table presque entièrement couverte de dumplings, ce que Josh Brolin ne trouve pas très drôle. C’est que dans le film, il s’agit d’un des seuls mets que son personnage peut manger pendant les 20 années durant lesquelles il est mystérieusement emprisonné. «C’est un truc de marketing, mais qui veut manger des dumplings le matin?»
La nourriture, semble-t-il, a été tellement souvent un facteur important dans les rôles de Brolin qu’il est las de parler de la quantité extrême d’aliments qu’il doit ingérer devant une caméra. «Par exemple, parler de Labor Day et de la scène de la tarte… non merci, rigole-t-il. J’ai dû manger quelque chose comme 200 dumplings pour Oldboy. Pour Inherent Vice, j’ai mangé des bananes glacées couvertes de chocolat. Dans W, je mangeais des sandwichs – 18 sandwichs pour une scène. Je suis le “gars de bouffe”, manifestement.»
Oldboy a aussi demandé beaucoup du corps de Brolin, puisque son personnage passe d’alcoolo enflé à instrument de vengeance élancé et mauvais après son emprisonnement. Et bien sûr, l’acteur ne disposait pas de 20 ans pour subir la transition.
«J’aime l’idée du théâtre. Si on fait quelque chose, faisons-le jusqu’au bout. Mais je ne veux plus jamais, jamais subir une telle transformation si rapidement, dit-il à propos de la période durant laquelle il a dû se débarrasser de son poids en trop. C’était plus comme de la rétention d’eau, donc j’ai gagné 28 livres en 10 jours, et puis j’en ai perdu 22 en deux jours et demi. Je ne ferai plus jamais ça. Ç’a tué mon corps. Et puis pendant que je traversais ça, toute la douleur que ça impliquait, je devais quand même m’entraîner pour la scène de bagarre, ce qui n’était pas très brillant. Je me suis étiré beaucoup de muscles et j’en subis encore les conséquences.»
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Cette scène de bagarre dont il parle est assez exceptionnelle, une version rafraîchie de celle vue dans le film coréen original – un plan-séquence qui suit le héros du film alors qu’il neutralise une armée de fiers-à-bras presque à mains nues, si on exclut l’utilisation d’un marteau. Alors bien sûr, pour le remake, il a fallu faire monter les enchères un peu.
«Cette scène a nécessité cinq semaines de préparation, et c’était difficile, c’est le moins qu’on puisse dire, dit Brolin. La bagarre, je dirais, est au moins trois fois plus longue que l’originale. J’avais beaucoup de difficulté au début, puis j’ai paniqué. Et j’ai commencé à m’entraîner beaucoup – genre deux heures le matin et deux heures le soir, avec des journées de 12 heures de travail entre chaque séance. Je ne dormais donc pas beaucoup, ce qui a apporté quelque chose au film, je crois, puisque j’étais plus émotif, plus à cran, je me sentais plus exposé, ou vulnérable, peu importe.»
Ce degré d’automutilation a rapporté, semble-t-il. «Nous avons tourné la scène en sept prises, et la septième était la bonne, se souvient le comédien. Je me suis éloigné du plateau après, pour jouir d’un petit moment de solitude, et j’ai versé quelques larmes. J’étais juste heureux d’avoir pu accomplir ça, en tant que mec de 45 ans. J’ai eu un moment gériatrique!»
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Oldboy
En salle dès mercredi