Passe pour l’Arrière-scène
«Je ne connais personne qui ne veut pas être une rockstar! Tout le monde veut être Mick Jagger pendant cinq minutes», affirme Nicolas Boucher. Pourtant, même Mick a déjà mangé des cannes de bines, s’est déjà retrouvé dans une van crade pour rouler des milliers de kilomètres et a déjà dormi sous la même couette insalubre que Keith. Vous voulez être une rockstar pareil? O.K. Voici Arrière-scène.
Présentée à TFO et disponible dès aujourd’hui en ligne, la série documentaire Arrière-scène explore ce qui se passe dans les coulisses de la musique indépendante. Vous savez, quand les musiciens se font servir de la pizza show après show, qu’ils se font héberger chez des Sherry à Seattle et qu’ils jouent devant des gens qui n’écoutent pas, qui n’écoutent rien?
Au fil des 12 épisodes réalisés par Nicolas Boucher, on voit défiler une multitude d’acteurs majeurs de la scène musicale québécoise – qu’elle soit jazz, électro, rock ou punk –, qui nous parlent de leur réalité. Une réalité souvent douloureuse, et pourtant, à les entendre, la seule envie qu’on a, c’est de tout laisser en plan et de partir les rejoindre en tournée au plus vite. «Quand je me suis mis à concevoir cette série, tout le monde me disait: “Attention, tu vas tomber dans le misérabilisme”», explique Boucher, musicien et réalisateur d’Arrière-scène, pour qui ce projet a constitué un alliage parfait entre ses «deux mondes», à savoir ceux de la musique et de la télé. Mais, malgré le sujet délicat, le résultat n’a rien de démoralisant. Surtout que ces 12 épisodes regorgent de citations faites pour être mémorisées à tout jamais (voir notamment celles, qui ont le potentiel de devenir cultes, de Franz Schuller, chanteur et guitariste de GrimSkunk). «Ce projet a eu le même effet que The Big Lebowski dans ma vie. Je n’arrête plus de citer les gens que j’ai interviewés!» lance le réalisateur. Entretien.
Souvent, lorsqu’il est question de la réalité actuelle des musiciens, on entend parler des difficultés et des côtés sombres de la vie qu’ils mènent. Pourtant, même si vous abordez les immenses obstacles qu’ils doivent surmonter, en regardant votre série, on a l’impression que c’est quand même le plus beau métier du monde. C’était un des buts recherchés?
Mon but, ce n’était pas de faire une série de crises de nerfs. Et je pense que d’avoir utilisé des thèmes [la tournée, l’autoproduction, la réalisation, la mise en scène…] plutôt que d’avoir fait des profils de musiciens, ça m’a beaucoup aidé. Si tu prends un thème et que tu mets côte à côte Pat Watson, Les Chercheurs d’or et Les sœurs Boulay, t’es capable de faire la part des choses. En plus, je trouve que la musique, ça intéresse tout le monde. C’est in-té-res-sant, l’industrie de la musique! Et pourtant, assez bizarrement, les gens la connaissent tellement peu… Être musicien, c’est quand même une maudite belle vie!
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De fait, on voit à quel point, malgré les embûches, c’est une vie excitante. Il y a d’ailleurs une luminosité particulière, accueillante, qui enveloppe toute votre série. On ne se retrouve pas sous la pluie, ou l’hiver, dans la slush, sous un ciel gris…
C’est vrai qu’il n’a pas plu beaucoup… mais c’est un adon! Notre tournage a duré 70 jours, et la majorité du temps, il faisait beau. Je dois quand même dire que l’équipe avec laquelle j’ai travaillé – et avec laquelle je travaille depuis 10 ans – a une vision du documentaire qui s’approche du cinéma. Un de mes (multiples!) objectifs avec ce projet, c’était que, si tu zappes et que tu tombes sur notre émission, tu sais tout de suite que c’est Arrière-scène. La texture est là, les ampoules sont là… et tu veux en savoir plus, indépendamment du sujet.
Au fil des épisodes, vous démontrez aussi à quel point être musicien, c’est accepter d’être en éternel mouvement. On voyage sans cesse dans votre documentaire…
Je trouve qu’il y a de très, très belles histoires! Par exemple, Pat Watson qui raconte être sorti de son bus de tournée, quelque part dans une ville en Belgique, et n’avoir eu aucune idée d’où il se trouvait… Je pense que les anecdotes de ce type, ça peut faire rêver le spectateur autant que d’écouter la musique de l’artiste qui les raconte! Parce qu’il peut tricher, se mettre dans la peau du musicien et se dire oh wow, être en tournée ou être en studio, c’est comme ça que ça se passe!
Arrière-scène
Les mardis à 20h30
Sur les ondes de TFO
arriere-scene.tv