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Monogrenade, explosion solitaire

Photo: collaboration spéciale

Déjà encensée par la revue référentielle Les Inrocks et d’autres observateurs chevronnés de la scène alternative, la formation atmosphérique Monogrenade tentera d’exploser de nouveau avec son deuxième opus : Composite.

Après avoir connu un certain succès de l’autre côté de la grande mare avec son album Tantale paru en 2011, le quatuor rétro futuriste, qui amalgame l’électro et l’organique, distille dans Composite des ambiances envoûtantes, notamment grâce aux arrangements de cordes, qui pourront en faire voyager plusieurs vers des galaxies invitantes. Discussion avec Mathieu Collette (batteur) et Jean-Michel Pigeon (chant, claviers, guitares).

Les Inrocks font un parallèle entre votre formation et Radiohead, Dominique A, Yann Tiersen et Godspeed. Ce n’est pas banal…
Jean-Michel : C’est flatteur, mais, pour être honnête, je ne connaissais pas Dominique A et seulement un peu Yann Tiersen, qui fait de la super belle musique. C’est vrai que nous sommes tous des fans de Radiohead, mais, personnellement, je ne trouve pas que ce que nous faisons leur ressemble.

Tiersen donne dans un style qu’on qualifie souvent de post rock tandis que vous, vous mélangez l’organique et l’électro. Comment en êtes-vous venus à faire cela?
J-M : Je crois que c’est tout simplement parce qu’on ne veut pas se limiter à dire : «On fait de la musique rock avec basse, guitares et drums», ou encore : «On fait juste de l’électro.» On essaie de faire ce qui nous tente et parfois, cela donne des mélanges, des textures qui, habituellement, ne vont pas ensemble. Il n’y a pas de barrière.

Certes, mais lorsqu’on forme un band, on prend des décisions quant à la direction artistique du projet.
Mathieu : L’idée d’intégrer des cordes est venue lorsque Marianne (Houle), qui est violoncelliste, s’est jointe au projet. Ç’a été l’élément déclencheur. Ensuite, le violon s’est greffé et, de façon naturelle, on a choisi d’en rajouter.
J-M : J’ai toujours tripé sur les cordes. Ce sont des instruments qui sont très touchants : du bois qui vibre, ça ne se remplace pas. Dans la réalité, ce genre d’instrument est compliqué et coûte cher. Alors, avant qu’on soit sous contrat avec le label Bonsound, ce n’était pas évident. Maintenant, avoir un quatuor à cordes sur notre album représente quelque chose de très important.

L’album précédent a été enregistré dans un chalet doté d’une piscine, à Piedmont. Même chose cette fois?
J-M : On a choisi de faire complètement l’inverse. Pour Composite, on a travaillé pendant un an dans notre studio, qui est situé rue Masson. Lorsque je me suis installé à cet endroit, il y avait plusieurs synthétiseurs. C’est un instrument auquel je n’avais jamais touché. Je pense que cela a coloré notre son, tandis que le lieu nous a permis plus de liberté sur le plan des horaires et du temps consacré à la création.

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Quel était le fil conducteur de Composite?
J-M : C’est un album sur les rapports humains. Chaque chanson ou presque parle d’une relation ou d’une personne. Parfois, c’est de façon détournée, mais il y a toujours une personne, une relation ou un conflit qui est exposé. Le titre illustre l’idée que nous sommes composés de plein de choses, comme notre bagage génétique, nos amis, notre environnement, le hasard et la chance qui se présentent ou non, bref, que nous sommes remplis de complexité.

Frannie Holder des Random Recipe disait en souriant que, quand elle est en France, les gens ne la comprennent pas lorsqu’elle parle à cause de son accent, et lorsqu’elle chante, ils ne la comprennent pas à cause de la langue.
Mathieu : On est allés quatre fois en France en 2012 et on a joué constamment avec d’autres bands. Je crois qu’il est arrivé seulement deux fois, en une cinquantaine de spectacles, qu’on joue avec des groupes francophones dont les chansons étaient en français. On dirait que pour eux, beaucoup plus qu’ici, la langue française est associée à quelque chose de has been ou de quétaine. Je pense que ça les prend un peu par surprise lorsqu’on arrive avec notre manière anglo-saxonne de faire de la musique, tout en chantant en français. À leurs yeux, c’est peut-être ce qui fait notre originalité.

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Composite
En magasin dès demain
Lancement au Cabaret La Tulipe
Mercredi à 18 h

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