Alexandre Désilets: Montréal canaille
Pour son troisième album, Fancy Ghetto, Alexandre Désilets revient avec un alambique pop qui se veut un hommage à une vie nocturne parsemée de flashs, de vapeurs éthyliques et de rencontres charnelles.
«Soleil de minuit», «fancy ghetto», «la vie à mort…», «lever du jour qui s’éteint» : Alexandre Désilets aime l’oxymore, procédé littéraire qui met en relation des mots opposés pour en faire des images fortes et contrastées. Un peu comme le choc qui l’attendait en revenant à Montréal, petit ghetto fancy, à son retour d’Asie où il a séjourné dans des mégalopoles chinoises composées de dizaines de millions d’habitants dans lesquelles l’exubérance émerge à tous les coins de rue.
Et c’est un peu la réaction à cette dichotomie qui a donné naissance au projet Fancy ghetto. Un troisième album plus pop que les précédents où se déclinent des histoires nocturnes imaginées et écrites en toute complicité avec le parolier Mathieu Leclerc. «Le disque est inspiré de la dualité entre le jour et la nuit. La plupart des chansons se déroulent entre le coucher et le lever du soleil. Il recèle des petites histoires indépendantes les unes des autres, où les personnages ne se connaissent pas nécessairement. C’est très voyou comme univers. On pensait à des récits d’antihéros à la Gainsbourg. Les personnages sont inspirés de Don Quichotte et de Quasimodo. Ils sont prêts à tout faire au nom de l’amour», explique Désilets de sa voix calme et posée entre deux flashs de sa récente tournée asiatique où il partageait la scène avec d’autres têtes d’affiche.
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Mais lorsqu’on aborde la question du virage pop, il se fait méfiant. On le rassure : on a passé l’âge de la posture manichéenne pop contre alterno. «Moi aussi, je l’ai passé. Je travaille comme un réalisateur fait des films : je choisis un thème et j’y vais à fond, sans me poser de questions. Pour moi, la musique, c’est de la musique. Il y a la bonne et la mauvaise. J’écoute beaucoup de pop et d’expérimental. Cette fois, j’avais envie de quelque chose qui soit à la fois pop et fresh», poursuit Alexandre, qui avait aussi le goût de faire danser avec cet album. En témoigne d’ailleurs le clip Renégat où, a contrario de la topique habituelle, l’antihéros a réquisitionné des amis danseurs afin de séduire ou reconquérir une femme.
Coréalisé avec François Lafontaine (Karkwa), cet album majoritairement live recèle des échafaudages musicaux pas piqués des vers. Notamment des grooves inspirés de la black music, dada de Désilets, distillés par Samuel Joly, Olivier Langevin, François Plante, Robbie Kuster et Julien Sagot, ainsi que par la voix de Désilets, qui imite certains instruments. Parti pour la gloire? «Ma plus grande victoire, c’est que les radios commerciales aient commencé à faire jouer ma musique. Évidemment, j’ai reçu un soutien incroyable de Radio-Canada, mais ce qui va faire basculer les choses, à mon avis, ce sont ces radios car elles me permettront de toucher un très vaste public.»
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Fancy Ghetto
En magasin dès mardi
Lancement au Cabaret du Mile-End mardi à 19 h 30