Questions en rafale avec l’auteure Olga Duhamel-Noyer
Cette quadragénaire originaire de Montréal a été finaliste au prix Anne-Hébert pour son premier roman, Highwater. Elle est aussi l’auteure d’un essai intitulé Motel univers. Le rang du cosmonaute est son troisième roman.
En une phrase, de quoi traite votre dernier livre?
Le rang du cosmonaute parle de l’impossibilité de renoncer aux rêves de l’adolescence.
Que lisez-vous présentement?
Plusieurs choses. J’ai lu récemment Ingénieurs de l’âme, de Frank Westerman, qui m’a beaucoup marquée. Je lis ces jours-ci Requiem allemand, d’Amos Elon, qui raconte très finement l’histoire des Juifs d’Allemagne avant 1933 et explique comment une petite communauté très marginale en est venue à prendre une place de premier rang dans la modernité. En parallèle, je viens aussi de commencer Le petit bleu de la côte Ouest, de Jean-Patrick Manchette, que je n’avais jamais lu.
Qui sont vos trois auteurs préférés?
Baudelaire, Proust et Duras.
Qu’est-ce qui vous a amenée à l’écriture?
J’imagine que la bibliothèque de philosophie de ma mère y est pour beaucoup.
Chaque écrivain a des routines d’écriture qui lui sont propres, quelles sont les vôtres?
Écrire en lisant dix mille autres choses en même temps, des choses directement liées à ce que j’écris: se perdre dans le web, puis dans le web profond. Ça fonctionne comme une séance d’hypnotisme en accéléré.
En tant qu’auteure, quelle est votre plus grande peur?
Ces jours-ci, mon obsession est triviale et elle se résume à manquer de temps.
Quelle est votre expression ou citation favorite?
«Laisse du vieux Platon se froncer l’œil austère; Tu tires ton pardon de l’excès des baisers, Et des raffinements toujours inépuisés.» Ou encore, et c’est un peu la même idée, mais ce n’est plus Baudelaire cette fois, c’est l’Ecclésiaste: «Va, mange avec joie ton pain et bois de bon cœur ton vin, car Dieu a agréé tes œuvres.»
Quel livre auriez-vous aimez écrire?
Les Illuminations d’Arthur Rimbaud.
Quel est votre pire défaut en tant qu’auteure?
Un goût marqué pour une certaine austérité.
De quoi êtes-vous le plus fière en tant qu’auteure?
Avec une certaine vanité que l’on me pardonnera je l’espère, je dirais: avoir volé suffisamment de temps la nuit pour terminer mon plus récent roman.
Que préférez-vous dans l’écriture?
L’écriture. Ce qui signifie avancer dans des zones qui me sont inconnues.
Qu’aimez-vous le moins?
Tout le reste. Revenir. Corriger. Mettre un point final. Fonctionner. Et retourner à la saveur du mois.
