Groenland: l’appel du large
Dans le sillon de leurs aînés d’Arcade Fire, les six membres de la formation orchestrale montréalaise Groenland se taillent une route de plus en plus remarquée ici comme ailleurs.
De retour de Los Angeles, où elle a présenté son matériel aux pré-Grammys devant les gens de la grande industrie musicale en foulant tapis rouge et tutti quanti, cette bande de joyeux hipsters s’apprête à monter sur les planches du Corona pour jouer bientôt à guichets fermés.
C’est qu’en plus d’offrir un concert captivant, Groenland distille des mélodies qui tuent, nichées sur des échafaudages vertigineux et des cassures de rythme savamment dosées. Ajoutez à cela les notes joyeuses du ukulélé, de l’électro, des cordes et bien sûr la voix haute, saccadée, ainsi que la façon de chanter très inspirée de Sabrina Halde, et vous comprendrez un peu pourquoi British Aiways a acheté les droits d’une pièce pour une pub et que les téléséries The Good Wife (CBS) et Les beaux malaises (TVA) ont aussi diffusé leur musique. «Pourquoi Groenland? Ça a été une longue recherche. On ne s’entendait pas sur un nom. On a donc écrit plein de mots, et il y avait celui-là sur la liste. En plus d’aimer la sonorité, cela évoquait un endroit mystérieux et inconnu. Ce qui nous a conduit vers une vibe d’hiver, de survie et d’animaux. On s’est inventé un monde imaginaire, en somme», explique Sabrina, qui a fondé le groupe avec Jean-Vivier Lévesque (fils du légendaire Raymond Lévesque), qu’elle avait déjà rencontré au cégep avant de le retrouver à l’université.
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Tous deux cherchaient un projet à élaborer. Or, comme ils aimaient les mêmes artistes issus de la scène indépendante, tels que Radiohead, Feist ou Patrick Watson, et qu’il n’y a pas de hasard, ils ont tenté de faire dans l’électro. Mais rapidement, ils se sont aperçus que ce n’était pas pour eux, qu’ils avaient plutôt envie d’être en bande et de créer un univers musical cohérent. Ils ont donc recruté Joe (Jonathan Charette), le batteur et, naturellement, les improvisations ont débouché sur un style indie avec du ukulélé, du piano et la voix particulière de Sabrina. Ensuite, les cordes sont venues apporter une signature à la jeune formation. Pas question d’ajouter des guitares à cette alchimie.
Choix judicieux puisque, hormis les formations majeures comme Arcade Fire ou Simple Plan, Groenland est un des seuls groupes anglophones du Québec à remplir ses salles. Les 18 000 personnes qui ont acheté l’album The Chase depuis sa parution, en avril 2013, ne sont évidemment pas étrangères à l’affaire. Pour le prochain spectacle, Groenland promet un invité spécial en plus d’une section de cuivres. À suivre.
Semblables et différents
L’influence Arcade Fire?
«Je mentirais si je disais qu’on ne l’écoute pas. On a vraiment tripé sur cette formation et on aime beaucoup la façon dont elle évolue. Un peu comme Radiohead, chacun des albums d’Arcade Fire est extrêmement différent du précédent. Pour moi, c’est un compliment lorsqu’on nous compare à eux, mais en même temps, on ne leur ressemble pas tant que ça. Ils sont beaucoup plus dark, plus rock aussi. Mais l’énergie des gros bands, c’est sûr qu’on adore», explique Sabrina, dont le rêve consiste à s’affranchir des autres boulots pour enfin vivre de sa musique.
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Groenland
Au Théâtre Corona
Jeudi à 20 h