Francos: Tanguer avec Catherine Ringer
Figure marquante des années 1980 avec les Rita Mitsouko, Catherine Ringer revient tanguer là où on ne l’attendait pas.
Avec le guitariste et compositeur Fred Chichin, Catherine Ringer a largement contribué à magnifier la trame sonore des eighties, en plus d’y apposer une esthétique à la fois bigarrée, jouissive et avant-gardiste tout en demeurant fédératrice.
Après le décès de son compagnon, en 2007, la chanteuse au charisme scénique hypnotisant a publié Ring and Roll (2011), un album solo salué par la critique.
Et voilà qu’elle est de retour avec des chansons issues de sa récente collaboration avec deux des trois cofondateurs du Gotan (lire Tango) Project: Plaza Francia. Une œuvre tango-électro-disco-pop chantée dans la langue de Cervantès, dans laquelle Ringer semble baigner comme un poisson dans l’eau. Car même si elle ne maitrise pas tout à fait l’espagnol, elle a bien étudié les paroles et le sens des pièces. Pourquoi le tango? «Il y a pas mal de chansons qui sont à base de tango en France. C’est une musique qui a beaucoup fleuri depuis 1920 environ et qui fait partie de notre patrimoine. Elle est partie d’Argentine, est passé en France et y est demeurée», explique Ringer qui avait d’abord été sélectionnée avec d’autres chanteuses en vue d’un projet d’album initié par Eduardo Makaroff et Christoph H. Müller, deux membres fondateurs du très célébré Gotan Project.
Au départ, elle devait y interpréter qu’un titre ou deux, mais à l’écoute du résultat, le duo a décidé de lui confier l’intégralité de l’album. «Comme les chansons m’ont séduite, on a commencé à travailler. Ils n’avaient pas encore contacté toutes les chanteuses, mais les chansons et les arrangements étaient terminés. Puis l’idée que je pourrais chanter les compositions en tournée a germé petit à petit. D’autant qu’on ne peut pas partir avec 15 chanteuses connues qui ont chacune leur emploi du temps respectif. Je crois aussi que mon travail leur a beaucoup plu et, l’un dans l’autre, j’en suis venue à faire tout l’album et la tournée dans la foulée», raconte Catherine Ringer qui a du coup interrompu le travail qu’elle était en train d’effectuer pour son prochain album solo.
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Une façon pour celle qui a commencé sa carrière comme interprète de revenir aux sources. «C’est mon premier métier: j’ai toujours aimé des tas de trucs depuis que je suis gamine et c’est aussi pour ça que je peux chanter dans d’autres langues que la mienne», s’enthousiasme l’artiste qui a aussi un savoureux penchant pour la danse. Et si on ne la verra pas danser le tango au cours de ce spectacle en quintette qu’elle vient nous présenter à l’occasion des FrancoFolies, puisqu’il faut être deux pour tanguer, n’ayez crainte. «Même du temps des Rita, Fred me disait: “Ne te concentre pas sur le visuel, on fait d’abord un concert, la musique prime avant tout.” Mais comme je suis quelqu’un qui a la bougeotte…»
Plaza Francia
Au Théâtre Maisonneuve
Le 19 juin à 20 h