Culture

Dany sort du placard

Photo: Sarah Marcotte-Boislard/collaboration spéciale

Avec Santa Maria, du nom d’un volcan guatémaltèque, Dany Placard demeure dans le champ gauche, tout en se montrant plus souriant et moins allergique à la pop que par le passé.

«J’étais dû pour être plus relaxe et plus drôle. Je crois que je n’ai jamais inséré autant d’humour dans mes chansons», annonce le desperado barbu dont la tuque noire ne détonne pas dans ce café du Mile-End où il est question de son dernier album.

Sur l’extrait vidéo de la pièce Confucius, on le voit d’ailleurs effectuer quelques steppettes. Cela révèle une nouvelle facette de ce porte-étendard de l’underground québécois, désormais bien loin, semble-t-il, du Démon vert qu’il fut. Une allusion à la chanson-titre de son dernier disque, paru en 2012, et qui parlait de ses angoisses nocturnes.

Même du point de vue musical, en plus de certains morceaux country très invitants, comme le beau Au pays des vieux chars, qui évoque un endroit dans le Maine où l’artiste se réfugie chaque été avec sa famille, certains titres (Chanson populaire, Aussi) s’avèrent fort accrocheurs, voire «pop», même si notre cow-boy rock abhorre le mot.

«Je ne suis pas très religieux, mais disons que le message ressemble à ceci: si je prie la Sainte Vierge en lui demandant de devenir populaire, elle ne m’exaucera pas. Par contre, elle m’a donné ma femme et mes enfants. Il faut prier pour les bonnes choses, pas pour obtenir un char neuf!» – Dany Placard

Qu’à cela ne tienne, son côté chroniqueur social demeure toujours aussi pertinent, notamment dans Shop, qui raconte son expérience de travailleur d’usine, et dans Julie Gagné, une pièce aussi percutante que touchante.

«Je crois que depuis Plywood ¾, cet album est celui qui se rapproche le plus du concept d’album de groupe. Le mot d’ordre sur le plan de la création? Une volonté de rajouter des couches de textures musicales. On a même eu recours à l’orgue et, comme c’est un album de groupe, je voulais que les gars chantent. Une sorte de clin d’œil aux Beatles ou à The Band», avance cet amateur de Dylan qui s’est enfermé avec ses acolytes pendant 10 jours avec une consigne: interdiction totale d’aller consulter Facebook pendant l’enregistrement!

Selon la légende, Placard aurait même exigé de ses collègues qu’ils déposent leur cellulaire à l’entrée du rustique et superbe Wild Studio de Saint-Xénon, comme jadis les armes à feu dans les saloons. Les légendes ont la vie dure, les bons albums aussi.

Dany Placard Santa MariaSanta Maria
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