Un astrophysicien se prononce sur Angry Birds Space
Ce qu’il aime
Les nerds font bon ménage avec l’espace. Que les jeux vidéo aient exploité le thème de l’univers depuis le début va de soi.
«L’espace a toujours été le canevas à partir duquel les gens racontent des histoires qu’ils auraient du mal à raconter dans le contexte de la vie de tous les jours», dit l’astrophysicien et directeur du Hayden Planetarium de New York, Neil de Grasse Tyson.
Le scientifique applaudit l’effort fait par les concepteurs de jeux inspirés par l’espace d’utiliser d’authentiques principes scientifiques. C’est le cas de l’application Angry Birds Space. «Je crois que c’est une étape naturelle; je suis surpris que ce ne se soit pas produit plus tôt! dit M. Tyson. Un des bons côtés d’Angry Birds Space est qu’on y utilise les lois de la physique.»
Ce qu’il apprécie particulièrement : lancer un des oiseaux dans l’espace, voir ceux-ci en orbite effectuer des acrobaties ou entrer en collision avec une planète. «Cela devrait sensibiliser les gens aux défis auxquels font face les scientifiques de la NASA, dit-il. Dans le cas des jeux qui exploitent les lois de la physique, j’hésite entre la pertinence, pour un jeune, d’y jouer (et d’y apprendre) et celle de retourner faire ses devoirs.»
Ce qu’il déteste
Ce ne sont pas tous les jeux qui ont la cote auprès de l’astrophysicien. Une de ses bêtes noires : la vision que les concepteurs de jeux ont des extra-terrestres.
«Les extra-terrestres ont toujours deux bras, deux jambes, une tête et des yeux. Essentiellement, ils ont l’air humains… Alors que la plupart des formes de vie sur la Terre n’ont pas de visage. Un visage est quelque chose de très particulier. Les arbres n’ont pas de visage, pas plus que les vers de terre, les champignons ou les bactéries.»
Même dans le cas de personnages, comme Jabba the Hut, de la saga Star Wars, et dans les jeux développés en parallèle, les créatures ont une apparence humaine et ont même la capacité de rire, ce qui n’est pas chose courante, dans la nature.
Ce qui porte à croire qu’il est fort improbable que nous trouvions des créatures extra-terrestres capables d’exprimer des émotions comme le font les humains. «Est-ce qu’on peut être un peu plus créatif?» s’exclame M. Tyson.
Un autre irritant pour lui : des personnages qui vont de planète en planète en respirant normalement. «Dans la plupart des endroits, on ne peut pas respirer! Au moins, montrez-les avec des bombonnes d’oxygène, ou alors, avec un habit spatial complet.»