À la table des 7 doigts de la main
La TOHU ouvrira dans deux semaines sa 11e saison avec Cuisine et confessions, la nouvelle création de la troupe chouchou du cirque montréalais, Les 7 doigts de la main.
On n’a pas tendance à faire automatiquement le lien entre cirque et gastronomie. Ces acrobates aux corps à faire pâlir d’envie ne doivent pas s’empiffrer bien souvent, non? Pour les cofondateurs des 7 doigts de la main, pourtant, les rapprochements sont plus nombreux qu’on pourrait le croire entre les arts du cirque et l’art culinaire.
«Il y a très longtemps que j’avais fait le rapprochement entre les deux, affirme Sébastien Soldevila, qui met en scène Cuisine et confessions avec sa conjointe et cofondatrice de la troupe, Shana Carroll. Il y a une technicité qui est commune aux deux; une fois qu’on maîtrise suffisamment la technique, on peut s’en passer. Il y a aussi l’idée du partage: on fait du cirque pour les autres et la cuisine pour les autres, et on les apprend des autres. Et dans les deux cas, l’improvisation a une part importante.»
Sébastien Soldevila a par ailleurs acquis très jeune son intérêt pour la cuisine, lui dont la grand-mère était chef et qui a appris à mitonner de bons petits plats dès huit ou neuf ans. «Nous nous sommes inspirés de l’autobiographie en recettes de la grand-mère de Shana», ajoute le metteur en scène.
Comme c’était le cas pour Intersection, leur spectacle proposé à Montréal Complètement Cirque cet été, Les 7 doigts de la main solliciteront une fois de plus la participation de quelques membres du public, cette fois pour… cuisiner un pain aux bananes en direct sur la scène, comme on l’a vu hier dans un des extraits. «On essaie d’innover de spectacle en spectacle, souligne Soldevila. On n’a pas intérêt à reprendre toujours la même recette; on essaie de tracer un chemin, mais une fois qu’on s’est promenés dedans, on a envie de voir autre chose.»
Ce qui ne veut pas dire, bien sûr, que le spectacle ne possède pas cette signature distincte de la troupe («nous sommes ‘‘nous’’ et nous évoluons là-dedans», résume le metteur en scène), à savoir que les acrobates ne font pas qu’exécuter des pirouettes et des cascades, mais qu’ils s’adressent aussi au public, se révèlent, font en sorte qu’on s’attache à eux. Et c’est peut-être encore plus vrai pour ce spectacle, où les «confessions» des acrobates sont «à 100% leur propre histoire», assure Soldevila. «Ç’a été un très long processus, avoue-t-il. Mais c’était nécessaire. Encore une fois, c’est comme en cuisine: on ne peut pas faire un bœuf bourguignon, par exemple, sans prendre le temps de le laisser mijoter! Il y a eu beaucoup d’échanges avec les artistes, plusieurs discussions pour recueillir leurs histoires…» Autour d’un bon repas, bien entendu!
Bande originale
Connus pour leurs trames sonores éclectiques issues de leur imposante collection de disques, Shana Carroll et Sébastien Soldevila ont cette fois eu envie de travailler avec de la musique composée spécialement pour le spectacle. «Ç’a été un gros travail d’équipe, plutôt complexe à réaliser!» admet le metteur en scène.
Nans Bortuzzo, Raphaël Cruz, Colin Gagné, DJ Pocket, Spike Wilner, Alexandre Désilets, Frannie Holder, Serge Nakauchi-Pelletier et Simon Duchesne sont parmi ceux qui ont contribué à cette trame sonore.
«La cuisine, comme le cirque, repose sur la technique, le partage et l’improvisation.» – Sébastien Soldevila, cometteur en scène de Cuisine et confessions
Cuisine et confessions
À la TOHU
Du 28 octobre au 16 novembre