Soir de Noël aux Jutra
Sylvie Moreau et Yves Pelletier ont emballé leurs cadeaux en prévision du gala de dimanche. Ils attendent maintenant que les spectateurs les déballent.
«On veut rendre les Jutra excitants; on veut donner aux gens l’envie de regarder la cérémonie! s’exclame Sylvie Moreau. Le seul hic, c’est qu’on n’a pas le droit d’en révéler trop d’avance…» «C’est comme si on emballait des cadeaux, qu’on en donnait un à chaque spectateur et qu’on lui disait : « Tiens, tu pourras le déballer dimanche. On espère que tu vas être content! »» renchérit Yves Pelletier. «Il y en a un grand; il y en a un rond…» «Il y en a un autre avec un gros ruban», rajoute sa comparse. «Bref, on a bricolé des affaires longtemps!»
Visiblement emballés – comme les cadeaux, oui –, les deux animateurs de la 14e soirée des Jutra semblent fin prêts à offrir, pour une seconde année de suite, une prestation à l’image de notre cinéma : variée, distinguée et drôle.
Que ceux qui se sont ennuyés en regardant les galas 2012 de nos voisins du Sud se rassurent. Pour ces Jutra, mis en scène par la très sollicitée Brigitte Poupart, Moreau et Pelletier ne se sont pas du tout, du tout, inspirés de leurs homologues américains Ricky Golden Globes Gervais (que Pelletier avoue quand même trouver très, très drôle) et Billy Oscars Crystal. «Nous avons notre ton à nous et notre personnalité. L’humour de Gervais, dans notre bouche, ça serait très étrange», observe Sylvie Moreau.
Alors, comment les deux acolytes se sont-ils préparés à cette soirée de célébration du cinéma? Vous l’aurez deviné : en regardant des films. Plein, plein, plein de films. «Comme l’an dernier, on s’est servis exclusivement de la matière cinématographique pour mieux construire notre objet de variété», souligne Sylvie Moreau. «Tous les films de l’année auront leur petite place dans le gala; pas seulement les finalistes», promet son complice.
On imagine que les deux animateurs doivent mettre leur cerveau en mode «totalement objectif» lorsqu’ils visionnent les films de l’année en question. Oui? Non. «J’essaye de rester objectif, mais je ne peux quand même pas m’empêcher d’avoir des émotions, explique Pelletier. Par exemple, j’ai vu Monsieur Lazhar… Impossible de bouder mon plaisir!» «C’est important de se laisser imprégner, ajoute sa collègue. Moi, au contraire, j’essaye de ne pas être objective. J’essaye d’être une bonne spectatrice pour chaque film que je vois. Après, je regarde les traces que ça a laissées et je me pose des questions telles que qu’est-ce qui m’a frappée?, qu’est-ce qui m’a émue? et qu’est-ce que ça me dit?»
Pour conclure, nous savons tous que l’année a été particulièrement faste pour notre cinéma à l’étranger. Son rayonnement à l’international est-il représentatif de l’intérêt qu’on lui porte ici, à la maison? «Les réalités commerciales et promotionnelles du marché québécois et du marché international sont très différentes, répond Moreau. Ce qu’il faut espérer, c’est que les succès de nos films en dehors de nos frontières incitent plus de gens à les voir…»
La 14e soirée des Jutra
Le 11 mars dès 19 h 30
Diffusée en direct du Théâtre St-Denis
Sur les ondes de Radio-Canada