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Foster the People: le super pouvoir du virtuel

Photo: Collaboration spéciale
Nicolas Tittley - MusiquePlus

Durant la dernière édition du festival Coachella en Californie, l’apparition du très décédé Tupac Shakur sous forme d’hologramme a soulevé bien des questions. Pour certains, il s’agit d’une véritable crise existentielle : a-t-on encore besoin d’un artiste en chair et en os pour donner un spectacle pop en 2012? A-t-on besoin d’artistes tout court?

Les Japonais, toujours à l’avant-garde des développements technologiques, ont poussé le concept plus loin, allant jusqu’à créer de toutes pièces des superstars 100 % virtuelles comme Hastune Miku, qui n’est rien d’autre qu’une version tridimensionnelle d’un personnage de manga.

Dans son plus récent clip, Houdini, le groupe californien Foster the People soulève, avec beaucoup d’humour et de dérision, le même genre de questions. Qu’arriverait-il si tout un groupe disparaissait dans un tragique accident pendant le tournage d’un vidéoclip? On ne vous vend pas de punch ici : les gars du band sont écrasés par une rampe d’éclairage dans les premières secondes. Alors que la panique s’empare de l’équipe de tournage, une bande de Men in Black japonais débarque sur le plateau pour faire bouger les musiciens et donner l’impression qu’ils pètent le feu!

Dans cette espèce de version musicale du film Weekend at Bernie’s, l’entourage du groupe découvre rapidement les avantages de gérer des stars qui ne font aucune demande extravagante et qui acceptent de se livrer à des chorégraphies ridicules. Reprenant une phrase de la célèbre série L’homme de six millions («Messieurs, nous pouvons le reconstruire, nous en avons la possibilité technique»), les méchants scientifiques nippons pousseront l’expérience jusqu’à son inévitable conclusion. En effet, qui a besoin d’un groupe lorsqu’on a sous la main de dociles cyborgs?

Employés du mois

Dans ce qui pourrait être un hommage au film Le vendeur, de Sébastien Pilote, l’action du nouveau clip de Chinatown pour la chanson Culpabilité se déroule chez un concessionnaire de voitures. Le réalisateur Pierre Alexandre Bouchard signe ici un véritable court métrage qui met à profit le talent d’acteur des cinq musiciens du groupe, plutôt convaincants dans cet univers impitoyable de la vente, si bien décrit dans la pièce Glengarry Glen Ross, qui pourrait bien être une autre influence du réalisateur.

Le chanteur Pierre-Alain Faucon incarne l’employé du mois, dont les exploits semblent impressionner la fille du patron, et le guitariste Félix Dyotte prend les traits de l’employé en formation, qui, quant à lui, pourrait bien avoir une propension à la pyromanie. Et si l’action semble se dé-rouler en 2012, les vendeurs arborent tous une garde-robe digne des années 1970 (bonjour le brun!).

Parmi les clients et les employés de ce magasin de chars, on reconnaîtra au passage quelques visages connus, dont celui de l’ex-chanteur des Stills Tim Fletcher (pour qui Chinatown avait composé la pièce Retour à Vega), celui de la jolie Maripier Morin en future acheteuse de décapotable et surtout de celui de la non moins jolie Évelyne Brochu, utilisée à contre-emploi dans son costume de secrétaire pincée.

L’actrice de Café de Flore semble s’être entichée du groupe, puisqu’elle fait également des chœurs sur Comment j’ai explosé, le très solide nouveau disque de Chinatown, qui vient tout juste de débarquer chez les disquaires.

Houdini de Foster the People

http://www.youtube.com/watch?v=jlbn364BH-o

Culpabilité de Chinatown

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