Girls: un retour audacieux
Je sais que c’était dimanche dernier, mais la saison des nouveautés est surchargée cet hiver: je ne sais plus où donner de la tête. Malgré tout, je tenais absolument à vous parler de la première de la 4e saison de Girls, placée à l’ombre des Golden Globes en soirée même si, à mon avis, elle méritait énormément d’attention.
Lena Dunham a lancé sa quatrième saison sur un départ – celui de son personnage loin de New York. Une décision audacieuse que d’amorcer la saison sur une «fuite». Pas de flafla, pas de suspense, on lance la série dans une autre direction et les portes claques au passage.
Ça fait du bien.
Sensiblement tous les personnages sont au centre d’un marais existentiel et l’idée, c’est de s’en sortir sans trop accumuler de boue sur ses vêtements.
Le premier épisode fait l’excellent travail d’établir la direction de la série sans toutefois télégraphier ses intentions. Un départ, du renouveau et encore des cœurs écorchés. On veut savoir les bouts qu’on a manqué en plus de suivre ces quatre jeunes femmes là où le vent les soufflera.
Tout l’internet s’est enflammé pour la scène explicite mettant en vedette Allison Williams (et les parodies avec la trame sonore de son rôle dans Peter Pan) – mais je n’irais pas là. Cherchez à votre guise, y’a de la foufoune à souhait pour les moins pudiques.
Ceci étant dit, Girls va au-delà de ces scènes de nudité que plusieurs trouvent un poil trop gratuites. Pour ma part, je les vois comme l’exhibition d’une génération qui n’a pas la même pudeur, ni même une définition semblable de la sexualité et des zones interdites que la génération précédente.
Qu’on aime ou pas, Dunham est une voix différente à la télévision et on peut ne pas tout comprendre sans toutefois écarter complètement son discours. En fait, je crois même que c’est normal. Je ne pense pas que la série demande à ce que le Montréalais de 30 ans que je suis puisse se reconnaître dans les méandres sexuels d’une femme dans la vingtaine qui cherche les bons mots pour dire «je t’aime» au lieu de laisser tomber sa jupe devant l’objet de son désir (non réciproque), qui lui, enlace son amoureuse tendrement devant elle (c’est compliqué, je sais). Et c’est tant mieux comme ça. Le choc entre les générations souligne la nécessité d’une série comme Girls à la télé.
Quoi qu’il en soit, scotchez-vous devant vos télés pour la 4e saison de Girls. C’est le bonbon hivernal de HBO avant le retour des dragons de Game of Thrones.
Profitons-en.
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