La culture à Montréal est prospère, mais fragile
Le secteur culturel est un levier économique important pour la métropole. Il comprend toutefois certaines zones de fragilité. C’est ce que confirme, entre autres, une étude de la Chambre de commerce du Montréal Métropolitain (CCMM) dévoilée lundi.
En 2013, quelque 82 000 emplois, soit 4% des emplois totaux du Grand Montréal et près de deux fois plus que dans le secteur montréalais de l’aérospatiale ou que dans celui des sciences de la vie. Des revenus de taxation de 515M$ pour le gouvernement du Québec et de 261M$ pour le gouvernement fédéral. Des retombées économiques directes et indirectes de 11G$, soit l’équivalent de 6% du PIB de Montréal. Et même, une création d’emplois en hausse de 1,4% depuis 2008, malgré une période économiquement difficile. Ce portrait, intitulé La culture à Montréal: chiffres, tendances et pratiques innovantes, confirme la place du milieu culturel comme atout économique pour Montréal.
Pourtant, le secteur de la culture demeure fragile, puisqu’il «dépend des décisions d’autrui et repose sur des modèles financiers fragiles», précise Michel Leblanc, président et chef de la direction de la CCMM. La part du financement privé (dons, commandites et revenus autonomes) varie selon la taille des organismes, mais se situe en moyenne à 56%. Elle a légèrement diminué depuis 2008 pour les petits organismes culturels. De plus, les travailleurs du secteur de la culture sont moins bien payés en moyenne que l’ensemble des travailleurs de la région métropolitaine: 43 500$ contre 46 800$ par année. Cet écart est encore plus frappant quand on observe les sous-secteurs de la culture. Le revenu moyen plonge en effet à 23 500$ par année pour les artistes, auteurs et interprètes indépendants – le «cœur créatif du secteur culturel» – et à 23 100$ pour les employés de magasins de livres, de périodiques et d’articles de musique.
«Mieux connaître les organismes artistiques nous aide à mieux cibler notre appui», a affirmé Jan-Fryderyk Pleszczynski, président du Conseil des arts de Montréal, après le dévoilement de l’étude. Manon Gauthier, l’élue responsable de la culture à la Ville, confirme quant à elle que «la Ville se réjouit de l’étude et prend acte des recommandations. On ne peut pas améliorer si on ne mesure pas.»
Cette étude se veut une mise à jour d’une analyse des retombées économiques de la culture à Montréal, publiée en 2009. Ses données ont été recueillies et traitées par la firme KPMG-SECOR.
Recommandations
Trois recommandations émergent de l’étude:
- Examiner toutes les avenues qui permettraient de mieux appuyer les plus petits organismes.
- S’assurer que le dispositif d’appui aux entreprises et aux organismes culturels demeure bien financé.
- Reconnaître davantage les efforts des organismes et multiplier les occasions de souligner et de récompenser leurs bons coups.