U2 impressionne encore
U2 a fait sien un Centre Bell à pleine capacité, vendredi soir, et a captivé ses fans en leur proposant un parcours mêlant nouveautés et succès connus, avec son iNNOCENCE + eXPERIENCE Tour.
On peut faire confiance à Bono, The Edge, Adam Clayton et Larry Mullen Jr pour livrer un excellent show. Excellent son, projections vidéo intéressantes, énergie débordante: tout y était pour que ça fonctionne.
Photo: Chantal Lévesque
On craignait un peu d’être déçu, à vrai dire. U2 n’impressionne plus nos oreilles depuis une quinzaine d’années. Et le plus récent album, donné de force à tous les abonnés iTunes, n’avait pas su nous rejoindre, comme les quelques autres avant lui. Devenus trop «mainstream», ayant perdu leur mordant, on parlait de notre amour pour U2 au passé. Jusqu’à hier. Moment où on s’est, on peut le dire, réconcilié.
Bono (bien en voix) et sa bande ont pris possession de la scène alors que les lumières du Centre Bell étaient encore allumées. Pas de cachette. Ils ont commencé avec la récente The Miracle (of Joey Ramone). Ils passeront les 2 h 15 que durera le spectacle à entrelacer les nouvelles chansons aux plus vieilles, remontant le temps jusqu’à des pièces de Boy, leur tout premier album sorti en 1980.
C’est que le nouvel album, Songs of Innocence, revisite des moments d’enfance et d’adolescence des quatre hommes originaire du nord de Dublin. Ces histoires, combinées aux chansons qui les ont rendus populaires au fil des années, forment la trame qui guide le spectacle. The Electric Co, Vertigo, I Will Follow suivent le début du concert.
C’est juste avant la cinquième chanson que Bono s’est adressé au public, mêlant quelques mots de français à ses interventions en anglais. «C’est extraordinaire. It is la Belle Province. It’s a sexy city». Sur l’écran central, des projections d’images d’archives de la mère de Bono, morte quand le chanteur avait 14 ans, ont accompagné la chanson qui porte son nom, Iris (Hold Me Close). «Voici une chanson pour toutes les mamans.»
Dans la foule, des gens de tous âges (avis aux mauvaises langues qui prédisaient que des baby-boomers), qui ont passé presque tout le spectacle debout.
L’écran central, qui est aussi une cage où les musiciens peuvent circuler, a accueilli plusieurs projections, certaines très réussies, notamment pendant Cedarwood Road – où on voyait Bono marcher sur une version imaginée de la rue de son enfance – et pendant Song for Someone. Pendant une Sunday Bloody Sunday plus sobre, plus solennelle et moins rageuse que l’originale, les images de quartier irlandais et des victimes des bombardements de mai 1974 ont eu leur effet. Pendant Raised by Wolves, Bono dira que l’Irlande a besoin vérité et de réconciliation, que le monde a besoin de vérité et de réconciliation; un lien impossible à manquer avec la commission du même nom qui a remis son rapport au gouvernement fédéral la semaine dernière. À noter que Bono rencontrera Stephen Harper, Thomas Mulcair et Justin Trudeau à Ottawa lundi.
On ne dévoilera pas trop de détails pour ne pas gâcher la surprise aux prochains fans qui assisteront à cet arrêt prolongé à Montréal d’une tournée qui s’est amorcée le 14 mai dernier à Vancouver. U2 se produira encore samedi soir (à guichets fermés), ainsi que mardi et mercredi. Mais on peut dire que c’est bon. Bien bien bon. Et impressionnant, comme toujours.