La reconstruction superflue de Joël Legendre
Dimanche, Joël Legendre a fait sa première sortie depuis les événements que l’on connaît au parc Marie-Victorin. C’était à prévoir, un retrait de la vie publique n’est pas un contrat à perpétuité et on ne souhaitait pas de malheurs à monsieur Legendre, donc loin de moi l’intention de « frapper » sur un homme à terre.
Sauf que sa sortie sur le plateau de Pénélope McQuade et Jean-Luc Mongrain était, à défaut d’autres termes, une bonne manœuvre de relation publique, sans plus.
En terme de baseball, Joël Legendre est allé jouer une partie de balle donnée sur le plateau avec des questions préapprouvées et, surtout, des réponses répétées de nombreuses fois, un peu comme un politicien qui part « la cassette » sur le plateau de Tout le monde en parle, par exemple. Legendre est venu conter une histoire, son histoire, et l’histoire qu’il souhaite voir se perpétuer dans le futur pour s’éloigner de ce navrant épisode.
Remarque, c’était quand même la chose à faire. Après tout, Joël Legendre a raison de mettre l’emphase sur « l’anticasting » de son geste. On ne lui faisait aucun reproche avant cet évènement et sa cote de popularité était impeccable, normale de vouloir s’en souvenir. Là où il y avait un malaise, c’était dans la victimisation via l’ésotérisme dans l’histoire de monsieur Legendre.
En bon Québécois : il beurrait pas mal épais.
Du suicide à l’intimidation plus jeune en passant par l’équilibre fragile entre l’ombre et la lumière à l’intérieur de tout le monde, Joël Legendre a sorti le catalogue au complet de la psychopop accrocheuse afin de se rendre sympathique. Le hic, c’est qu’il n’avait pas besoin de le faire. Son écart de conduite ne le rendait pas moins sympathique qu’avant et surtout pas « monstrueux » ou « effrayant ».
Les médias ont fait énormément de surenchère avec cette histoire et Legendre, sans surprise, y est allé tout aussi exagérément dans l’autre direction.
Maintenant que c’est fait, peut-on passer à un autre appel?
Ça serait navrant de s’éterniser sur une histoire aussi anecdotique. D’un côté comme de l’autre, je crois qu’il est temps de laisser le temps arranger les choses.
Laissons l’ésotérisme aux dernières pages moins consultées de nos grands quotidiens, aux mêmes endroits que les petites annonces osées dans la lignée du geste initial de monsieur Legendre.