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Impeccables mousquetaires

Photo: Yves Renaud/collaboration spéciale

Une aventure épique, très drôle et dramatique à la fois. La production Les trois mousquetaires atteint la cible et vaut assurément le détour.

Dans sa chambre, le jeune Alex lit Les trois mousquetaires d’Alexandre Dumas. Incapable de s’endormir tant il est captivé, il fait rager ses parents. Il lit, lit… et les personnages du roman prennent vie autour de lui. Il deviendra lui-même d’Artagnan. La table est mise, par cette courte introduction, pour cette adaptation de Pierre-Yves Lemieux du texte de Dumas, dans une mise en scène de Serge Denoncourt.

De là, on plonge dans un univers magnifique où épées, amour et intrigues s’entremêlent. L’histoire, se déroulant en 1625, est connue. Simplifions.

Le jeune Gascon d’Artagnan (Philippe Thibault-Denis) arrive à Paris à 17 ans avec l’ambition de devenir mousquetaire. Il rencontre ceux qui deviendront ses complices: Athos, l’éternel blessé au cœur (Éric Bruneau), Porthos (Guillaume Cyr), un peu niais, et Aramis (Benoit McGuinnis), plus cérébral, citant ici et là des proverbes en latin. D’Artagnan y trouve aussi celui qui sera son fidèle valet, Planchet (très drôle Mani Soleymanlou), de même que Constance (Marie-Pier Labrecque), dont il s’éprend. Les mousquetaires déjoueront les complots du cardinal de Richelieu (Luc Bourgeois) et de la belle et perfide Milady de Winter (Julie Le Breton) contre la reine Anne d’Autriche (Bénédicte Décary) et son amant le duc de Buckingham (François-Xavier Dufour). Tous les comédiens – ils sont 18 en tout – sont impeccables.

Soulignons aussi la performance, dans les rôles secondaires, de Jean-Moïse Martin, qui campe un Rochefort lugubre et à l’élocution conséquente (à la question «Pourquoi parlez-vous de cette façon?», il répond: «Parce que… Je suis un méchant!» ce qui provoque bien des rires) et de Benoit Landry, qui incarne le roi Louis XIII, naïf, efféminé et enfantin, absolument hilarant avec son bilboquet et ses petits cris d’exclamation.

Présenter une pièce d’une telle longueur (trois heures) tout en gardant le spectateur captivé ne peut se faire sans rythme – chapeau pour la mise en scène – et sans quelques ingrédients magiques, comme le décor. Signé Guillaume Lord, l’immense structure de bois à différents paliers et truffée d’escaliers, qui tourne sur elle-même au moment des changements de scènes, avait quelque chose d’escheresque. Les comédiens y circulent dans un ballet fort agréable pour les yeux. Les costumes, de François Barbeau, sont magnifiques.

Il y a bien eu quelques éléments plus caricaturaux, comme l’accent de Buckingham qui occupait beaucoup de place et le fait que, pour transporter l’intrigue à Londres, la pluie devait tomber à tout coup. Des détails. Il reste que, pendant la pièce, on s’est mis à rêver que plus de productions du genre prennent vie, et que plus de gens les consomment. Ou vice-versa. Car côté divertissement, tout y était. Le talent, le cœur et l’intelligence en prime.

Les trois mousquetaires
Au Théâtre du Nouveau Monde
Jusqu’au 20 août

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