Culture

Autoportrait de Philippe Brach

Photo: Yves Provencher/Métro

Nouvelle sensation de la chanson québécoise, Philippe Brach est de retour à peine un an et demi après son premier disque La foire et l’ordre, avec Portraits de famine, réalisé par l’autre vedette de l’heure, Louis-Jean Cormier.

En moins d’un an et demi, Philippe Brach a remporté les Francouvertes, sorti un premier disque, été nommé Révélation de Radio-Canada, donné de nombreux spectacles… Et il lance maintenant un deuxième album, Portraits de famine. Comment a-t-il vécu le fait d’être propulsé sur le devant de la scène? Sourire détendu de la part du principal intéressé: «C’était une année cool; chargée, mais pas dramatiquement. Ce sont les médias qui décident de me mettre à l’avant-plan ou non; moi, je ne le sens pas… Je peux aussi bien être en bobettes dans mon salon pendant ce temps-là», lance-t-il, sourire en coin.

Il faut dire que son premier album était le fruit de quatre ou cinq ans à accumuler des compositions: «Je me demandais quelles tounes mettre sur le premier, parce que ça faisait cinq ans qu’on les jouait sur scène, donc je devais choisir ce qui était pertinent et qui méritait de devenir une partie intégrante du disque, se souvient-il. Il y a même des pièces du deuxième album que j’avais déjà quand le premier est sorti, et que j’avais volontairement omis d’inclure dans La foire et l’ordre parce que je trouvais que ça faisait partie d’un autre cycle.»

Même si, selon lui, il n’y a pas grand-chose qui a changé entre le lancement de La foire et l’ordre et Portraits de famine, le jeune homme ne cache pas son enthousiasme envers ses nouvelles chansons, qu’il trouve lui-même «vraiment mieux écrites» que les plus anciennes. «C’est vrai que là, j’ai écrit un disque, plutôt que de ramasser un paquet de pièces que j’avais déjà, fait-il remarquer. Je suis allé composer dans le bois, j’ai pris le temps de peaufiner mes textes, je pense que ça a joué.»

«J’en écris, des tounes joyeuses, mais c’est tellement crémeux que j’ai pas le goût de jouer ça sur une scène ni de crisser ça sur un album.» – Philippe Brach, qui signe des textes plutôt noirs, mais non sans humour

Le chanteur saguenéen attribue aussi à son réalisateur, Louis-Jean Cormier, qu’il a rencontré alors qu’il assurait les premières parties des spectacles du leader de Karkwa, la cohésion de ce second opus. «Moi, je m’en suis toujours crissé que les tounes soient disparates, avoue-t-il. Mais pour Louis-Jean, ça ne marche pas. Selon lui, il faut qu’un album soit concept, homogène. Il est allé chercher des rappels d’accords dans certaines chansons, des arrangements qui font que les tounes sont vraiment liées les unes aux autres.» Le réalisateur et le musicien se sont aussi laissés aller à des envolées bien rock: «Je n’arrêtais pas de dire que celui-là allait être plus gentil, vraiment moins rock, mais ce n’est pas ce qui s’est passé, concède-t-il. Louis-Jean en rajoutait toujours: “Ah, puis ça, ça serait cool, puis ça aussi!” Je me suis vite rendu compte que ce ne serait pas un album doux avec de petites ambiances et de petites voix en arrière.»

Et cette ambiance s’agence bien avec les textes, qui n’ont rien de «gentil». Dans des pièces comme Si proche et si loin à la fois (en duo avec Klô Pelgag) ou Bonne journée, le chanteur s’amuse à opposer la futilité des problèmes de la vie quotidienne à de véritables tragédies. Famille et carence sont aussi deux des grands thèmes de l’opus, et des titres comme Père parti, mère mono, fils fendu, fuck les flos ou D’amour, de booze, de pot pis de topes (précédé par «en sevrage», dans le refrain) donnent un bon aperçu du ton. Des textes visiblement personnels, ce qui ne gêne pas l’artiste: «Parler de trucs personnels dans mes chansons, je m’en fous, c’est quand vient le temps de les expliquer après que je me garde une petite gêne, explique-t-il. D’ailleurs, j’aime bien quand des gens me disent qu’ils ont compris la toune de manière complètement différente de ce que moi, j’y voyais. C’est ça, la poésie, personne ne l’interprète de la même manière, et je trouve ça beau.»

Rentrée musicale
L’album de Philippe Brach est un des plus attendus de la rentrée musicale québécoise. Le chanteur nous fait part de ceux que lui-même attend avec impatience:

  • Limoilou, de Safia Nolin. «Ça fait longtemps qu’elle a signé avec Bonsound et qu’elle prépare ce disque, j’avais hâte que ça sorte. Ça sonne comme une tonne de briques!» (Sortie : 11 septembre)
  • The Origin, de Peter Henry Phillips. «C’est le projet de Pilou, ce sont des amis, mais ce sont surtout des gens talentueux qui méritent d’être écoutés, et l’album torche!» (Sortie : 11 septembre)
  • Les femmes comme des montagnes, de Philémon Cimon. «Je ne l’ai pas encore écouté, mais c’est un des albums que j’ai très hâte d’entendre.» (Sortie : vendredi)

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