Culture

La musique des mots de Gainsbourg

Photo: Yves Provencher/Métro

C’est dans les mots de Serge Gainsbourg, dépouillés de l’air musical qui les accompagne habituellement, que le Festival international de littérature (FIL) prend son envol jeudi soir.

«On ne réécoute pas souvent vraiment les paroles d’une chanson. On croit qu’on la connaît, mais au fond, si on s’y attarde…»

Ainsi parlait mercredi la chanteuse et actrice Jane Birkin, en conférence de presse pour parler de Gainsbourg, poète majeur, spectacle autour des textes des chansons du populaire chanteur français qui fut son compagnon pendant 12 ans. Un spectacle qu’elle a imaginé avec Philippe Lerichomme, à Toulouse, il y a deux ans, alors qu’elle présentait Arabesque, concert où elle reprenait des pièces de Gainsbourg. «Je m’étais dit que ça serait intéressant de présenter le concert un soir, et le lendemain, seulement des textes», dit celle qui s’est pour ce faire entourée des acteurs Hervé Pierre, de la Comédie française, et Michel Piccoli.

«Les chansons de Gainsbourg sont liées à la musique, et en lisant seulement les textes, on retrouve la musique des mots, la musicalité des poèmes, fait remarquer Hervé Pierre. Et c’est là qu’on découvre, effectivement, un poète majeur.»

«Serge détestait sa voix quand il chantait. Il la préférait sur ses chansons “parlées”.» – Jane Birkin, à propos de Serge Gainsbourg

Celui qui a «grandi au son des chansons de Gainsbourg» dit que s’il était «vierge de musique» pour certaines pièces, d’autres ont été particulièrement difficiles à délier de leur mélodie. «Pour Sous aucun prétexte, par exemple, j’ai dû tout réécrire pour former de grandes phrases et “casser” le lien.»

Gainsbourg aurait-il endossé ce spectacle autour de son œuvre? «Je n’en sais rien, Serge était très imprévisible, sourit Jane Birkin. Mais il aurait aimé le culot de Michel et la drôlerie d’Hervé.»

«Il y a au Québec un rapport extrêmement généreux à l’art théâtral. Un rapport d’abord spontané, qui donne lieu à une rencontre toujours extrêmement joyeuse.» – Hervé Pierre, qui était venu présenter Le malade imaginaire à Montréal avec la Comédie française en 2008

Aussi au FIL
Le FIL débute jeudi soir et se poursuit jusqu’au 4 octobre. Métro vous suggère quelques autres événements au programme:

  • Rêves américains: De la ruée vers l’or à la grande crise – au Petit Outremont vendredi et samedi ainsi que du 29 septembre au 3 octobre à 20h. Thomas Hellman y met en scène avec Brigitte Haentjens sa série de chroniques américaines présentées entre 2012 et 2014 à l’émission La tête ailleurs.
  • À la croisée des silences, à la Cinquième Salle de la Place des arts les 2 et 3 octobre à 20h. Chloé Sainte-Marie propose une version bonifiée du spectacle tiré de son livre-disque sur lequel elle reprend les mots de Joséphine Bacon, Anne Hébert, Saint-Denys Garneau…
  • La levée de l’écrou, au Lion d’or dimanche à 20h. Seize auteurs, accompagnés d’un musicien, proposeront leurs textes sur scène.

Gainsbourg, poète majeur
Au Théâtre Maisonneuve
Jeudi soir à 20h

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