Culture
17:05 24 novembre 2015 | mise à jour le: 24 novembre 2015 à 20:06 temps de lecture: 2 minutes

Une fermeture «terrible» pour le cinéma indépendant

Une fermeture «terrible» pour le cinéma indépendant
Photo: Isabelle Bergeron/TC MediaLe cinéma Excentris ferme ses portes temporairement. Il a 30 jours pour prendre une entente avec ses créanciers.

Bien qu’il soit surprenant que le Cinéma Excentris doive temporairement fermer ses portes, la situation est le résultat de changements importants dans l’industrie cinématographique, selon des experts consultés par TC Media.

Le professeur agrégé en marketing du HEC Montréal, Renaud Legoux, est stupéfait de cette fermeture.

«C’était pourtant une salle très appréciée. Aussi, depuis la réouverture en 2011, le Cinéma parallèle qui avait repris la gestion du Cinéma Excentris avait été très proactif pour trouver des solutions. Il avait notamment développé une plateforme web de diffusion. Il avait aussi un mixte assez inventif entre le cinéma indépendant pointu et le cinéma d’auteur à plus grand rayonnement», indique le spécialiste en marketing des organismes culturels.

Selon lui, trois facteurs expliquent la précarité de la salle du boulevard Saint-Laurent: la concentration des distributeurs, la possibilité pour les salles généralistes de rentabiliser des films d’auteur avec les projecteurs numériques, ainsi que l’avènement du web.

«Ce semble être les deux premiers points qui ont eu raison de cette institution culturelle, mais le web n’est pas à négliger. On peut retrouver du cinéma très pointu sur des plateformes comme Netflix, ce qui fait que les cinéphiles sont moins portés à se déplacer», explique M. Legoux.

Le professeur agrégé de l’Université de Montréal en cinéma, André Habib, croit qu’il manque cruellement de salles de diffusion pour le cinéma indépendant.

«Il y a évidemment une grande perte pour le cinéma d’auteur. Cela est terrible, d’autant plus qu’ils avaient des gros efforts pour attirer une clientèle vaste et variée», élabore M. Habib, de l’Observatoire du cinéma au Québec.

Cette réalité dépeindrait toutefois un changement dans l’industrie.

«Ce que la fermeture de l’Excentris nous dit, et la santé relative du Beaubien et du Parc nous apprend, c’est que l’avenir semble être dans les petites salles de quartier qui offrent des horaires flexibles», avance M. Habib.

Articles similaires