Culture
11:04 18 février 2016 | mise à jour le: 18 février 2016 à 11:19 Temps de lecture: 4 minutes

L’Omerta ridicule du CH

L’Omerta ridicule du CH
Photo: Télé-QuébecLes Francs-Tireurs

Mercredi soir lors des Francs-Tireurs à Télé-Québec, Benoît Dutrizac animait une table ronde sur le Canadien de Montréal avec trois intervenants de nos médias sportifs. François Gagnon, Richard Labbé et Jean-Charles Lajoie pour ne pas les nommer.

Où sont les femmes vous me direz? Elles ne sont pas là, comme d’habitude. Mais ce n’est pas l’objet de ma chronique. Nous y reviendrons.

Table ronde, donc, sur la façon de faire archaïque du Canadien de Montréal quand vient le temps de gérer ses relations avec les médias et la diffusion de l’information concernant l’équipe. On souligne l’absurde entourant la blessure de Carey Price, notamment, et on effleure l’exil de Zach Kassian en début de saison.

Le mur érigé par le Canadien est très solide et les médias l’effritent à peine. Après tout, c’est le CH qui souffle dans le dos des médias et il y aura toujours suffisamment de girouettes pour capter la direction du vent et faire glisser la conversation dans la direction souhaitée. La presse écrite est toujours plus rebelle, mais elle est aussi moins influente. C’est un moindre mal pour le Tricolore. Ce qui se passe à la télévision par contre, ça, c’est avec gants blancs seulement.

Incluant une table ronde pour dénoncer la pratique.

On sent que l’on peut critiquer les régimes précédents sans risque de représailles. L’air bête de Gainey est une cible facile, tout comme les fréquentations des Kostitsyn. Mais faire face à Marc Bergevin et Michel Therrien? Oh non, ça ne se fait pas.

Cette émission des Francs-Tireurs aura peut-être eu cette utilité – celle d’élargir le cercle de personnes au courant de cette façon de faire à Montréal. Même sans tomber dans le croustillant, il est clair que les journalistes savent que s’il y a une carotte au bout du bâton, c’est parce que le bâton est tenu d’une main ferme par une organisation impatiente et intolérante à tout ce qui dépasse du tableau qu’elle dresse.

D’ailleurs, quand ça déborde trop, ce n’est pas long que la mécanique d’exil se mette en branle. Zach Kassian est l’exemple cette saison, certains murmures parlaient de Brandon Prust avant lui et qui sait l’identité de la prochaine tête de Turc. En fait, les médias savent, sûrement, mais faudrait pas en parler avant que l’exil soit complet.

Ainsi, traiter les Kostitsyn de têtes folles est permis, mais pas touche à Galchenyuk tant et aussi longtemps qu’il porte son chandail #27 au Centre Bell.

Par contre, détrompez-vous, je n’accuse personne. C’est plus un constat que la game médiatique se joue ainsi. C’est un peu la même chose en télévision, en politique et partout où l’influence met de la nourriture sur la table des intervenants. Ne pas mordre la main qui te nourrit, une logique implacable qui tronque souvent les principes.

Un jour, le sport professionnel sera descendu de son piédestal. Il ne sera pas moins captivant ou divertissant pour autant, mais il n’y aura plus cette cage de verre causant une distance palpable entre les partisans et l’équipe. C’est d’ailleurs le plus ridicule de cette opération : pourquoi entretenir une distance avec la main qui te nourrit Canadien?

Si les médias s’abreuvent des miettes d’informations fournies par l’équipe, Canadien lui remplit ses coffres avec l’argent des partisans qu’ils tiennent à distance. Quand les partisans cesseront de s’enfiler des bières à 15$ trois soirs par semaine, le discours protecteur du Canadien changera.

D’ici là, on va devoir se contenter des blessures au bas du corps, des cassettes de l’entraîneur et des questions habilement déviées par le directeur-gérant. Bref, la routine. Parlez-en à nos politiciens…

Laissons la parole à Bob Gratton pour la satire, arme de résistance que j’affectionne particulièrement.

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