Culture
23:07 17 avril 2016 | mise à jour le: 17 avril 2016 à 23:07 temps de lecture: 2 minutes

Critique CD – L’Aiglon: pour la postérité

Critique CD – L’Aiglon: pour la postérité

Art CD Honegger & Ibert L'aiglon

Écrit par les compositeurs français Arthur Honegger et Jacques Ibert, L’Aiglon est un opéra qui est tombé dans l’oubli. Il s’agissait donc d’un choix risqué pour l’OSM, qui l’a présenté l’an dernier. Le mettre en disque l’est moins, car il n’existe qu’un autre «véritable» enregistrement, datant de 1956, sur lequel des petites portions de l’œuvre avaient été coupées.

Grâce à la magie du studio, on combine trois prestations dirigées par Kent Nagano en 2015 à la Maison symphonique avec des pistes séparées des chanteuses Hélène Guilmette et Marie-Nicole Lemieux. L’enregistrement est très travaillé et fait la part belle aux chanteurs, ce qui est souvent un problème au cours d’un concert. La distribution étant presque entièrement francophone, on suit très bien l’histoire même sans le livret entre les mains. L’OSM signe donc un Aiglon qui deviendra une référence à l’avenir.

Noblesse, amour, trahison, complot pour l’accession au trône, décès… Le livret d’Edmond Rostand sur lequel est écrit L’Aiglon est classique.

L’Aiglon est aussi traditionnel dans son écriture, malgré la grande fluidité entre les airs et les récitatifs. Ouverture, ballet, finales d’acte prévisibles, il ne s’agit pas d’un opéra très moderne pour son année de création, 1937. Le choix d’une soprano (Anne-Catherine Gillet) pour le rôle principal, celui de Napoléon II, est aussi convenu, même si ce rôle n’est pas écrit pour un castrat.

Kent Nagano l’aborde d’ailleurs comme un opéra pré-20e siècle, gardant l’orchestre en appui aux chanteurs.

Note: 4/5

Articles similaires