Culture
21:13 8 mai 2016 | mise à jour le: 8 mai 2016 à 21:13 Temps de lecture: 4 minutes

Alain Labonté: le courage des vertiges

Alain Labonté: le courage des vertiges
Photo: Josie Desmarais/Métro

Il est rare de voir sur une même scène Françoise Faucher et sa fille, Sophie. Ce sera possible ce mercredi, alors qu’elles seront accompagnées par l’auteur Alain Labonté et, pour le volet musical, par Yves Marchand et Isabelle Cyr. La raison? Démonter la quincaillerie de l’âme!

«J’ai l’impression de faire du temps supplémentaire sur le dos du bonheur», lance Alain Labonté, qui a connu un certain succès avec son livre Une âme et sa quincaillerie, devant des œufs au bacon et toasts sans beurre servis au chic Café Cherrier.

Le quasi-quinquagénaire est en forme et ça paraît. Bien connu du petit milieu journalistique en raison de ses fonctions de relationniste de presse, Labonté a mille projets en tête et assure qu’il partirait maintenant en paix et avec la satisfaction du devoir accompli s’il devait mourir. «Lorsque mon père est décédé, il y a 9 ans, j’avais 40 ans; j’étais au pied de son lit et je me suis dit : “Si un jour j’ai à recevoir un diagnostic comme celui-là, qu’est-ce qu’il me resterait à faire?” Il me manquait un livre. Or, depuis une vingtaine d’années, j’écris des réflexions. Quand j’ai commencé à récupérer ces bouts de papier, je me suis aperçu qu’il s’agissait surtout d’un hommage à mes parents», révèle l’auteur qui a aussi vu sa mère, atteinte de maladie mentale, subir des traitements d’électrochocs qui, croit-il, lui ont beaucoup facilité l’existence, contrairement à la croyance populaire.

«N’oublie jamais qu’il y deux types de gens dans la vie : il y a ceux qui lancent des pierres et il y a ceux qui en posent.» –Le père d’Alain Labonté à ce dernier

Alain Labonté a donc entrepris cet ouvrage en rédigeant un chapitre sur son père, puis un sur sa mère, puis un autre sur lui-même et son regard de quarantenaire sur l’existence. Le livre a touché une corde sensible chez de nombreux lecteurs, comme en témoigne son statut de best-seller (plus de 3 000 exemplaires vendus). «Je n’avais aucune attente, ce n’est pas mon métier dans la vie, même si j’écris des chansons depuis 20 ans, entre autres pour Bruno Pelletier et Marc Hervieux», confie celui qui, contre toute attente, est maintenant en train de travailler sur pas moins de quatre projets de livre. En plus, bien sûr, de se préparer pour faire bonne figure lorsqu’il montera sur scène en compagnie des deux comédiennes d’envergure que sont Françoise et Sophie Faucher.

C’est d’ailleurs Sophie qui a eu le goût de voir l’œuvre transposée sur scène, après avoir lu le fameux livre de son ami. Ce qui a débouché sur une série de tableaux, mis en scène par Céline Lamontagne et articulés autour de ses écrits, mais aussi des thèmes que sont «les mères», «les pères», «l’enfance» et «la transmission des valeurs». Le florilège de textes est signé Christian Bobin, Dany Laferrière, Marguerite Duras, en plus de chansons de Reggiani, de Ferland, des Cowboys Fringants et d’autres.

«La folie est belle lorsque l’on danse avec elle.» –Alain Labonté, répondant à la question «Êtes-vous attiré par la folie?»

Les Impatients, des artistes atteints de maladie mentale, assureront la première partie de ce spectacle, qui aurait sans doute rendu la mère de Labonté très fière de son fils. Lui qui dit d’elle dans son livre : «Quand on me demande ce que ma mère fait dans la vie, je réponds qu’elle donne. Et le reste du temps, elle cherche à qui donner.»

Une âme et sa quincaillerie, chansons et autres textes choisis
Au cabaret du Lion d’or mercredi à 19 h 30
En première partie: Les Impatients
Supplémentaire le 11 décembre

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