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Wiener-Dog: Un après-midi de chien

WD-6-19-15-111.CR2 Photo: Linda Callerus/Amazon Studios/IFC Films
Matt Prigge - Metro World News

Le légendaire réalisateur indépendant Todd Solondz parle de Wiener-Dog, sa dernière comédie noire, et de son amour pour l’enseignement.

Cette année, Todd Solondz est retourné à Sundance. Le réalisateur n’était pas allé à ce festival de cinéma depuis 1996, avec Welcome to the Dollhouse, une comédie noire devenue un classique des années 1990. Dans son huitième long métrage, Wiener-Dog, on retrouve la héroïne de Welcome to the Dollhouse, Dawn Wiener, désormais interprétée par Greta Gerwig plutôt que par Heather Matarazzo. Elle n’est que dans un des quatre segments de l’œuvre, qui mettent tous en scène de tristes personnages qui doivent affronter l’adversité, et ce, pas toujours avec joie. Toutes ces histoires sont liées par un teckel errant, qui passe d’un maître à l’autre.

Vous enseignez à la Tisch School of the Arts de l’Université de New York (NYU) depuis 2009. Dans Wiener-Dog, un professeur de cinéma très malheureux joué par Danny DeVito a des interactions très déplaisantes avec ses étudiants. Pourtant, vous avez parlé de votre propre expérience d’enseignement en termes très positifs.
J’adore l’enseignement et mes étudiants. J’ai des collègues merveilleux. J’adore ce travail. Mais il m’a fait comprendre que NYU est un empire du mal de bien des manières. Je vois bien la façon dont la Tisch School est gérée de manière incompétente et corrompue. C’était du bon matériel pour moi, même si ce n’est pas le sujet du film.

Comment conciliez-vous votre travail d’enseignant et celui de cinéaste?
J’ai le temps de faire ce que j’ai à faire. Si vous voulez écrire, vous prenez le temps. J’ai tourné ce film durant l’été, pendant que je n’enseignais pas. Mais j’ai fait le montage pendant que j’enseignais à l’automne et ça n’a pas posé problème.

«Si je n’étais pas émotionnellement impliqué dans les vies de mes personnages, je ne m’imposerais certainement pas le supplice de tourner un film.» –Todd Solondz, quand on lui fait remarquer que ses films sont souvent qualifiés de cyniques et de pessimistes. «On ne peut pas contrôler la manière dont les autres vont absorber nos histoires», répond-il.

Il y a quatre histoires dans le film. Parmi celles-ci, y a-t-il des idées que vous aviez déjà eues pour d’autres projets auparavant ou sont-elles toutes arrivées d’un seul coup?
Rien n’arrive d’un seul coup. J’ai écrit la première histoire en premier et la dernière en dernier. Mais je voulais faire un film avec un chien. Je veux dire par là que le chien est ce qui cimente tout le film, en quelque sorte. Ce n’est pas un film sur le chien ni un film qui raconte les péripéties du chien. Pour moi, c’est un film sur la mortalité et sur l’ombre que la mort jette sur ces quatre histoires.

Parlez-moi de la direction d’acteur avec un chien. Ça n’a pas dû être évident.
Oui, ç’a été horrible. Le teckel est une de ces races, ai-je appris, qui est élevée pour le marché et qui est très mignonne, oui, mais au détriment de son intelligence. J’ai dû réécrire des scènes pour m’adapter à ce que le chien pouvait et ne pouvait pas faire. Mais quand on s’est peinturé dans un coin comme ça, on est forcé de trouver de nouvelles idées, et certaines d’entre elles sont peut-être meilleures que les originales. Ça fait partie du métier de réalisateur : les problèmes vous tombent dessus et vous devez trouver une manière de les faire tourner à votre avantage. Si vous y arrivez, ils deviennent des cadeaux plutôt que des obstacles insurmontables.

Certains personnages du film sont cruels, mais même les pires ont des moments de véritable tendresse.
J’apprécie que vous le souligniez, parce que c’est réducteur de dire : «Oh, ça, c’est cruel.» Il y a une réciproque dans tout ça. La section avec Kieran [Culkin] et Greta [Gerwig] se termine sur la note la plus lumineuse, la plus remplie d’espoir et la plus romantique que j’ai jamais tournée, mais il y a aussi des moments terribles, douloureux. La seconde partie du film est plus sombre, et la première, plus lumineuse.


Wiener-Dog

En salle dès vendredi

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