Arts et spectacles
10:00 18 juin 2021 | mise à jour le: 18 juin 2021 à 11:34 Temps de lecture: 5 minutes

7e ciel: on craque pour «I Lie Here Buried With My Rings and My Dresses», «Pour l’éternité»…

7e ciel: on craque pour «I Lie Here Buried With My Rings and My Dresses», «Pour l’éternité»…
Photo: GracieusetéLe nouvel album de Backxwash sera disponible dès le 20 juin

Les journalistes de Métro vous livrent leur sept coups de cœur culturels de la semaine dont l’album I Lie Here Buried With My Rings and My Dresses de Backxwash, Pour l’éternité, Design intérieur et d’autres.

I Lie Here Buried With My Rings and My Dresses

Un an après avoir remporté le Polaris pour l’excellent God Has Nothing to Do With This Leave Him Out of it, Backxwash monte en puissance. L’artiste et productrice est de retour avec un disque hip-hop qui résonne comme un exutoire, où elle hurle sa rage depuis le fond de ses entrailles sur des sons toujours metal et industriel. L’obscurité et une violence latente teintent ainsi l’ensemble qui n’offre aucune rédemption cette fois. Le rap de la Montréalaise – avec ses multiples collaborations – n’en est que plus politique, sidérant, percutant et l’énergie qui en émane agit comme un exorcisme collectif. Difficile de dire si un titre est meilleur qu’un autre, mais TERROR PACKETS666 IN LUXAXA et WAIL OF THE BANSHEE sont extraordinaires.
Amélie Revert

Pour l’éternité

Avec un titre aussi poétique, le long-métrage du Suédois Roy Andersson avait de quoi intriguer. Mais qu’est-ce qui peut bien survivre à la vie et durer pour l’éternité? Des scènes quotidiennes aux moments historiques, la réponse est certainement tout. Grâce à une cinématographie pastel et chirurgicale, une mise en scène monotone – au sens le plus positif du terme – et un soupçon d’absurdité, le réalisateur nous entraîne dans les méandres de sa réflexion, et de la notre aussi, sur l’existence et la condition humaine.
En ligne au Cinéma Public
Amélie Revert

Design intérieur

«Get loose, you’re gonna die anyway», martèle le célèbre designer Mike Lin. Ce propos nous habite au tomber du rideauÀ travers la chanson, le théâtre et les arts visuels, Brigitte Saint-Aubin relate les aléas de son retour sur les bancs d’école à la suite du décès tragique de sa mère. En voguant sur le ton de l’autodérision et de la mélancolie, on ne peut que s’identifier aux remises en question et à la difficulté de lâcher prise qui talonnent l’artiste.
Jusqu’au 20 juin chez Duceppe
Charlotte Mercille

Inwards & Onwards 

Après Seasons of Change, Half Moon Run revient avec un deuxième EP pandémique au titre évocateur. Le trio s’ouvre, expérimente et nous livre une séquence de titres intimistes et mélancoliques. Si on reconnaît la patte si caractéristique du groupe sur des titres comme On and On ou la ballade rock How Come My Body, HMR surprend avec un Nosebleeds ambiance folk et harmonica ou l’angoissante It’s True qui nous donne encore des frissons. 
Offert dès aujourd’hui
Martin Nolibé

L’envers d’Amazon

On se doutait déjà que la philosophie d’entreprise d’Amazon est déshumanisante, mais le journaliste du Bureau d’enquête et ex-collègue de Métro Dominique Cambron-Goulet le démontre habilement dans ce grand reportage, pour lequel il a lui-même vécu l’expérience de travail dans un centre de distribution. Malgré le manque de soin accordé à la réalisation, ce docu offre un regard local fort pertinent sur l’incontournable géant du commerce en ligne. On retient les témoignages troublants d’ex-employés et les pistes de solutions avancées par certains intervenants. 
Sur Club Illico
Marie-Lise Rousseau

Kamikaze du vendredi

La poète Amélie Prévost magnifie «la catastrophe de l’ordinaire» dans ce formidable recueil également offert en balado. Divisé en quatre segments correspondant à quatre jours de la semaine, Kamikaze du vendredi explore la quête du bonheur en s’attardant aux petits instants en apparence banals du quotidien. Comme lorsqu’on ouvre la porte du frigo «comme celle d’une sortie de secours» au milieu de la nuit. Ou comme lorsqu’on trouve refuge à la piscine publique en pleine canicule même si «ça sent le coconut, le chlore et la détresse». C’est émouvant, drôle et lumineux. 
Aux Éditions Planète rebelle
Marie-Lise Rousseau

Numwami World de David Numwami

Pour son premier EP, l’artiste belge nous convie à la découverte de son univers ouaté et coloré baigné par une musique remplie de douceur et de légèreté. Encensé par Philippe Katerine et fort de ses collaborations avec Charlotte Gainsbourg et Sébastien Tellier notamment, David Numwami se livre dans un premier essai mi-pop mi-R&B remarquablement exécuté. Qu’il chante en français ou en anglais, sa musique demeure rafraîchissante, ensoleillée et propice à la rêverie éveillée. 
Sur les plateformes d’écoute
Amélie Revert


Et on se désole pour…

Le favoritisme pour le hockey

En conférence de presse plus tôt cette semaine, le premier ministre François Legault a admis avoir demandé à la Santé publique d’alléger les règles sanitaires au Centre Bell afin que davantage de partisans puissent encourager les Canadiens durant la demie-finale contre les Golden Knights. Quelques jours plus tard, la limite de spectateurs a été augmentée à 3 500, ce qui s’applique – heureusement – aussi au milieu culturel. N’empêche, si seulement nos dirigeants aimaient autant les arts que le hockey… 
Marie-Lise Rousseau

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