Arts et spectacles

Les défis postpandémiques du FEQ

Anne Hudon, présidente-directrice générale du Festival d'été de Québec Photo: Benjamin Aubert/Métro

«La fébrilité est très différente qu’en 2019! On a l’impression qu’on est en train de marquer un moment historique parce qu’on revient.» Voilà comment la présidente-directrice générale du Festival d’été de Québec (FEQ), Anne Hudon, a décrit l’ambiance dans ses troupes à quelques heures du début de l’édition 2022 du FEQ. Cette édition comporte toutefois son lot de défis supplémentaires. Tour d’horizon.

Le premier de ces défis fut de trouver le personnel nécessaire aux activités du Festival pendant la saison haute. En effet, l’organisation du FEQ passe d’une cinquantaine d’employés en basse saison à plus de 500 pendant l’événement. Ayant pu observer la problématique dans les autres secteurs d’activités économiques pendant la pause de deux ans, l’organisation a choisi de débuter son recrutement plus tôt qu’à l’habitude. Cette décision a été la bonne puisqu’elle vient à peine de compléter son équipe pour la durée de l’événement.

«Ça nous a effectivement pris plus de temps et d’efforts. On a notamment dû prendre des moyens qu’on ne prend pas d’habitude, comme payer de la publicité sur les réseaux sociaux, donner des primes de recrutement ou faire appel aux écoles. La fierté de venir travailler au FEQ, ce n’est plus suffisant pour aller chercher des gens», a laissé entendre Mme Hudon.

Éprouvante programmation

D’autres défis dus à la pandémie relèvent quant à eux du volet de la programmation. Avec la COVID-19, le risque d’annulation à la dernière minute des artistes augmente puisqu’un artiste atteint du coronavirus ne peut pas honorer son engagement, même avec de faibles symptômes.

Même chose pour le personnel de soutien. La crise dans les aéroports peut également devenir source de stress pour les organisateurs, bien que les grandes vedettes de l’événement voyagent par vols nolisés et évitent ainsi le chaos auquel les voyageurs sont actuellement confrontés un peu partout à travers le globe.

«Ce sont effectivement des enjeux. Ceci dit, nous avons un peu de pratique parce que chaque année, il y a des annulations pour toutes sortes de raisons. On ne peut pas avoir de plan B pour tous les artistes, ça coûterait une fortune», reconnaît Mme Hudon.

«Ce qui nous a inquiétés beaucoup il y a deux mois, c’est l’obligation d’être doublement vacciné pour venir au Canada. On a fait beaucoup d’appels auprès des équipes des artistes pour s’assurer que tout le monde était en mesure de traverser la frontière. S’il y a de la maladie dans les équipes, on va s’adapter», assure-t-elle.

Quant à la crise dans les aéroports, Mme Hudon n’était pas en mesure d’indiquer quelle était la proportion d’artistes qui arriverait à Québec sur les ailes d’un transporteur commercial, et qui serait ainsi plus à risque d’être confrontée à des retards ou des annulations. Cependant, le personnel de communication du Festival s’est fait rassurant en citant en exemple des voyages de presse organisés par le festival qui ont subi les frais d’annulation de vol dernièrement et qui ont pu être réorganisés sans difficulté, moyennant parfois des coûts plus élevés.

Le soupir de soulagement du retrait du passeport vaccinal

Parmi les défis qui auraient pu venir jouer des tours à l’organisation, il y a l’application du passeport vaccinal. Vous ne serez donc pas surpris d’apprendre qu’Anne Hudon et ses collègues ont senti une baisse de pression en mars dernier lorsque celui-ci a été retiré. «Quand c’est tombé, ce fut une belle surprise qui nous a soulagés. Sur le plan logistique, on avait vraiment peur de ne pas pouvoir permettre aux festivaliers d’entrer sur les sites dans un délai décent. Ça venait avec l’enjeu de la pénurie de main-d’œuvre», soutient la grande patronne de l’événement.

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