Débats

Insécurité à vélo sur l’avenue Atwater: qu’attend l’arrondissement?

Tribune libre

Madame, monsieur,

Vous écrire me trotte dans la tête depuis longtemps. J’y pense chaque matin, en me rendant au travail, alors que je remonte à vélo l’avenue Atwater, entre le marché et le chemin de la Côte-des-Neiges. En effet, au sortir de la piste cyclable du canal Lachine, où les piétons, les chiens, les cyclistes et les oiseaux s’efforcent de partager l’espace, le choc est parfois brutal.

Malgré la largeur d’Atwater, tous rivalisent pour avancer dans l’avenue achalandée. Les piétons comptent sur les trottoirs, mais les carrefours ne sont pas sûrs pour autant. Les vélos se rabattent sur la voie de droite, comme il se doit. Cette voie de droite, dans l’usage, appartient aux autobus entre chaque arrêt, aux automobiles pressées, aux pickup agressifs, aux bétonnières et autres poids lourds près des chantiers. L’environnement est tout sauf zen et sécuritaire pour les vélos. Certains matins, six ou sept véhicules me frôlent dangereusement.

Nous ne sommes pas tous égaux sur la route. Il y a ceux qui voyagent léger et ceux qui pèsent lourd. En cas d’accident, je ne ferais pas le poids. Nous ne sommes pas égaux non plus en termes d’occupation de l’espace. L’avenue Atwater compte six voies, dont une, direction sud, réservée au stationnement. Les autres vont aux véhicules en mouvement. Aucune n’est réservée aux vélos. Quelle raison justifie cette priorité absolue accordée aux autos?

Alors que Montréal est consciente des bienfaits des transports actifs pour la santé des citoyens et pour la santé financière de la ville, il est temps que votre arrondissement planche sur l’artère achalandée qu’est Atwater. En effet, les infrastructures cyclistes sont économiques pour la ville. Il s’agirait de peu, en termes de marquage ou de voies protégées, pour rétablir l’équilibre entre les forces en place, remettre l’auto à sa juste place et rendre l’avenue sécuritaire pour les piétons et cyclistes.

Les attentes sont grandes et l’inertie ne se justifie plus.

Cordialement,
Claudia Michon

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