Débats

Le jour de la marmotte pour les producteurs de grains

Tribune libre
Christian Overbeek - Collaboration spéciale

À notre grande déception, l’agriculture ne semble pas intéresser les partis fédéraux qui ont fait le tour du Canada dans le dernier mois en scandant des slogans qui comprennent le mot « ensemble ». Pourtant, un secteur clé comme l’agriculture, qui a eu la vie dure lors des dernières années, doit avoir sa place lorsqu’on parle de relance économique et d’environnement. Les changements de température drastiques, les pressions économiques des compétiteurs comme la Chine et le manque de soutien économique sont le quotidien des agricultrices et agriculteurs et les répercussions se font sentir jusque dans l’assiette des Canadiennes et des Canadiens.

Au Québec seulement, les producteurs de grains cultivent près d’un million d’hectares de terre et représentent un chiffre d’affaires annuel de 1,3 milliard de dollars. Les Producteurs de grains du Québec représentent approximativement 11 000 productrices et producteurs et totalisent plus de 20 000 emplois. Le secteur des grains fait partie d’un secteur d’importance dans l’économie québécoise et canadienne, celui de l’agriculture.

Il y a quelques mois, l’Étude sur la compétitivité des producteurs de grains du Québec faisait état du piètre soutien économique et environnemental de la part des gouvernements vis-à-vis l’agriculture québécoise et canadienne comparativement aux États-Unis et à l’Union européenne. Par ailleurs, les différents acteurs du secteur de l’agriculture demandent à ce que les décisions en matière d’agroenvironnement soient basées sur la science afin de déployer des mesures crédibles, dénuées de considérations électoralistes. Malheureusement, plusieurs partis ont émis des positions empreintes de populisme et sans appuis scientifiques, évitant ainsi d’attaquer ce débat complexe de front. L’ensemble des producteurs du pays ont à cœur l’avenir de leurs enfants! Cependant, il importe de mettre en place des mesures agroenvironnementales appuyées par la science et soutenues par des budgets à la hauteur des ambitions.

Nous espérons que la seconde chance que s’est vu attribuer le gouvernement Trudeau le 20 septembre dernier lui permettra de se recentrer sur cette priorité centrale, non seulement pour les producteurs de grains québécois, mais également pour les consommateurs. En effet, nos demandes sont les mêmes depuis plusieurs années. Afin de travailler dans le bon sens, nous demandons au gouvernement de s’engager à tenir une rencontre entre le secteur des grains, les représentants des gouvernements provinciaux et les représentants du gouvernement fédéral dans les 100 premiers jours suivants l’élection du 20 septembre.

Par Christian Overbeek, président des Producteurs de grains du Québec

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