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Des investissements exigés pour sauver les médias et les arts

Des investissements exigés pour sauver les médias et les arts
Différents membres des médias et du monde de la culture se sont rassemblés mercredi au Monument-National pour discuter de l'avenir de leur profession.

Des acteurs des mondes des médias et de la culture font front commun pour mettre pression sur les partis politiques dans le cadre de la campagne électorale. Ils réitèrent que le prochain gouvernement devra se pencher sur la Loi sur droit d’auteur ainsi que sur la taxation des géants du web.

Selon plusieurs des représentants du monde médiatique rassemblés mercredi au Grand débat sur la culture et les médias, au Monument-National, le programme d’aide aux médias présenté en fin de mandat par le gouvernement libéral sortant ne suffit pas.

«Politiquement, ce qui est pathétique, c’est qu’on est actuellement au même point qu’en 2016, quand la ministre du Patrimoine a annoncé une vaste révision législative», a affirmé le président de la division québécoise du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), Denis Bolduc.

«La seule différence avec il y a quatre ans, c’est qu’on consulte. On consulte depuis quatre ans mais sans prendre de décision» – Denis Bolduc, président du SCFP-Québec

La presse est en détresse, a constaté lors de cette table ronde la présidente de la Fédération nationale des communications (FNC-CSN), Pascale St-Onge.

«Nos membres vivent la crise des médias de plein fouet. C’est environ 50% des emplois qui ont été perdus en moins de dix ans en presse écrite», a-t-elle observé.

Elle déplore des «drames humains» vécus par les employés des médias et les impacts sur la démocratie se font sentir.

Des solutions multiples

Les groupes médiatiques ont profité de la table ronde pour tirer à boulets rouges sur les géants du web, qui siphonnent selon eux énormément de revenus à la base de l’information.

«Aujourd’hui quand un annonceur dépense 100$ en publicité, ça lui coûte 115$ parce qu’il doit payer la TPS et la TVQ. Pour Facebook et Google, c’est 100$», a soulevé le président du quotidien La Presse, Pierre-Elliott Levasseur

Plusieurs réformes sont suggérées. Les intervenants proposent de s’inspirer du modèle de l’Union européenne en matière de taxation des distributeurs de contenu numérique.

La Loi sur le droit d’auteur et la Loi sur la radio-diffusion, entre autres, doivent également être revues, croient-ils.

«Les Européens ont commencé à donner le ton [sur le droit d’auteur]. Je déplore l’attitude gouvernementale du dernier mandat. J’aurais aimé qu’il soit chef de locomotive sur cette question», a souligné le directeur du Devoir, Brian Myles.

Les crédits d’impôts gouvernementaux tels que présentés «ne suffisent pas», croit M. Levasseur, de La Presse.

La culture dans le même bateau

Des représentants du monde culturel joignent leurs voix à celles des médias et apostrophent les partis fédéraux.

«Aux Gémeaux, dimanche, la qualité des oeuvres auxquelles on a rendu hommage explosait, a remarqué Michelle Allen, auteure de la série à succès Fugueuse. Mais cette effervescence ressemble au dernier party sur le pont du Titanic.»

Mme Allen et les panélistes rassemblés mercredi ont eux aussi rappelé «l’urgence» de la situation face aux GAFA. Ils ont soutenu la demande des médias pour une révision de la Loi sur le droit d’auteur.

«Il faut que toutes les plateformes qui offrent des productions audiovisuelles soient financées de manière équitable», a avancé Mme Allen.

«En culture, on n’a pas de moyens égaux pour mettre en valeur nos produits», a pour sa part lancé la directrice générale de l’Association québécoise de l’industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (ADISQ), Solange Drouin.

Les partis sont de la partie

Le gouvernement libéral a déjà promis une somme de près de 600 M$ à travers son programme d’aide aux médias. Il n’a toujours pas pris de position sur les géants du web.

D’autres partis fédéraux ont déjà présenté leur plan pour contrer leurs effets des GAFA au pays. Le Nouveau parti démocratique, le Bloc québécois ainsi que les Verts souhaitent tous imposer à différentes hauteurs les grandes entreprises numériques.

Le Parti conservateur souhaite de son côté éliminer le programme d’aide aux médias du gouvernement sortant.