Ahuntsic-Cartierville

Une candidate du NPD veut insuffler le changement à Ahuntsic-Cartierville

Une candidate du NPD veut insuffler le changement à Ahuntsic-Cartierville
Photo: Collaboration spécialeZahia El Masri est titulaire d une maîtrise en administration publique et analyse politique de l’université Concordia. Elle est conférencière sur les droits de la personne et la communication interculturelle auprès d’organismes communautaires, d’institutions académiques et d’ONG.

Zahia El Masri est convaincue qu’il y a chez les électeurs d’Ahuntsic-Cartierville un désir de changement. Il serait motivé, selon elle, par la représentativité peu efficace de la députée sortante.

D’origine palestinienne, Mme El Masri est née dans le camp de réfugiés de Bourj el-Barajneh au Liban. Elle est arrivée à Cartierville avec ses parents à l’âge de 11 ans. «Il fallait absolument qu’on quitte le Liban à ce moment-là», dit-elle. C’était la période ou les milices libanaises anti palestiniennes assiégeaient ce camp. Depuis, elle a fondé une famille et travaille dans le milieu communautaire à Ahuntsic-Cartierville.

C’est la deuxième fois que Mme El Masri se présente à des élections sous les couleurs NPD. La première fois, c’était en 2008 dans Laval−Les Îles. Elle avait été classée quatrième. Cette fois elle s’embarque dans la bataille électorale dans son quartier.

Elle est convaincue qu’il y a un besoin de changement dans la circonscription. «Les dernières quatre années, les gens d’Ahuntsic-Cartierville n’ont pas été bien représentés», assure-t-elle. Pour elle la question du logement par exemple aurait dû être au centre de l’action de la députée sortante Mélanie Joly.

Mme El Masri reconnaît tout de même que le gouvernement fédéral a mis sur pied la stratégie nationale pour le logement. «On ne recevra l’argent qu’en 2020, s’insurge-t-elle. On ne le dira jamais assez, mais avoir accès à un logement abordable et décent a un effet positif sur la vie économique, sur la santé et sur l’éducation des enfants.»

Elle qui est responsable des communications et de la formation dans un OSBL qui s’occupe du logement social, assure qu’il y a urgence d’assurer des toits aux gens qui sont le plus dans le besoin.

La candidature de Mme El Masri avait fait les manchettes en août quand une journaliste avait découvert qu’elle était en congé de maladie alors qu’elle annonçait sa candidature. «Je suis en congé sans solde depuis le début de la campagne», affirme-t-elle.

Lacunes

Les enjeux sociaux sont ses chevaux de bataille. Elle cite celui de l’isolement des aînés qui a été peu abordé selon elle dans un comté où pullulent les résidences pour personnes âgées et les CHSLD.

Elle parle aussi d’économie. Quand la députée sortante met en avant son bilan dans la relance du secteur Chabanel avec l’arrivée dans le décor de grands noms du secteur du textile ou de Postes Canada, Mme El Masri émet quelques doutes.

«Moi, je ne veux pas travailler que pour les entreprises, je veux agir aussi pour les travailleurs et les travailleuses, soutient-elle. Il faut savoir attirer aussi les petites et moyennes entreprises. En investissant dans l’économie sociale, on peut avoir de beaux projets à Chabanel.»

Si elle est élue, elle promet que son action sera locale. «Je ne serai pas derrière un bureau. Je serai sur le terrain. Je veux créer aussi des assemblées citoyennes qui se réuniront au moins une fois tous les trois mois.»

Pour cette campagne, elle mise beaucoup sur le porte-à-porte pour convaincre les électeurs et faire entendre sa voix.