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14:10 24 septembre 2019 | mise à jour le: 24 septembre 2019 à 20:07 temps de lecture: 4 minutes

Le Parti vert tire à boulets rouges sur GNL Québec

Le Parti vert tire à boulets rouges sur GNL Québec
Photo: Archives MétroLe chef adjoint du Parti vert du Canada, Daniel Green

Le Parti vert s’oppose vivement à la construction d’un large corridor de transport gazier qui doit traverser la province de Québec. Daniel Green, chef adjoint du parti, a condamné mardi le projet GNL Québec, écorchant au passage les prises de positions des autres partis fédéraux.

Selon le chef adjoint du Parti vert, l’installation de ce corridor au Québec représente «ce qui va mal dans le développement énergétique au Canada». Il craint un nouveau scénario Trans Mountain.

Les entreprises GNL Québec et Gazoduq souhaitent acheminer du gaz naturel canadien de l’Ouest vers le Saguenay-Lac-Saint-Jean, afin de procéder à son exportation par bateau en Asie et en Europe.

En théorie, ce projet doit devenir une extension d’un gazoduc de l’entreprise TransCanada qui s’arrête en Ontario.

«C’est ce pipeline qui aurait été transformé en pipeline pétrolier pour le projet Énergie Est. Maintenant, on propose de construire un des plus grands gazoducs de l’histoire du Québec», s’est insurgé M. Green.

«Le Parti vert s’oppose à ce projet. On pense qu’il y a assez de données maintenant pour s’y opposer» – Daniel Green, candidat du Parti vert dans Outremont

Impacts sur la faune

Le candidat dénonce que le corridor énergétique soit en voie de traverser des zones fauniques, «plusieurs centaines de cours d’eau» et des communautés autochtones.

«Ce projet va générer près de huit millions de tonnes de gaz à effets de serre (GES)», a aussi évalué M. Green.

L’utilisation de bateaux méthaniers pour transporter le gaz liquéfié dans la rivière Saguenay pourrait également s’avérer «dangereuse», soutient M. Green. «L’explosion d’un méthanier et l’onde de choc créeraient une dévastation sur le territoire», a-t-il observé.

Le candidat estime qu’une commission «commune» entre le fédéral et le provincial doit être considérée. «On l’a obtenu avec Énergie Est», a-t-il remarqué.

«Plus verts que les Verts»?

M. Green dénonce l’inaction des autres partis fédéraux sur ce sujet.

«On entend le NPD qui dit vouloir étudier le projet. Hier, la représentante du Bloc québécois, Monique Pauzé, disait vouloir attendre le rapport du [Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE)]», a affirmé le candidat montréalais.

Le NPD a contredit les accusations des Verts par l’entremise de son chef adjoint, Alexandre Boulerice, qui considère que le projet n’a pas sa place dans le contexte actuel.

«On n’a pas de marge de manoeuvre avec un projet qui émettrait d’avantage de GES, a analysé le député de Rosemont. […] On est tellement loin de nos objectifs de réduction des GES qu’on ne peut pas l’envisager à court ou même à moyen terme.»

Le parti de Jagmeet Singh souhaite toujours «une évaluation globale de ce projet», selon M. Boulerice. Ce sont les processus d’évaluation québécois qui auraient la «primauté» sur le projet.

Au Parti libéral, on ne dit pas oui ou non au projet. «On est en train de faire les évaluations environnementales nécessaires, a soutenu le chef Justin Trudeau. […] Nous sommes là pour appuyer et participer dans des projets qui vont nous amener vers nos cibles de réduction des gaz à effet de serre.»

Le chef du Bloc, Yves-François Blanchet, a confirmé sur Twitter qu’il souhaitait bel et bien que ce soit le BAPE qui «analyse l’impact combiné de tous les projets sur les écosystèmes du Saguenay».

Daniel Green a par ailleurs commenté les propos de M. Blanchet sur le programme vert du Bloc. Ce dernier affirme que son programme environnemental est supérieur à celui du Parti vert.

«Le vol des bonnes idées, c’est permis, a dit M. Green. J’aurais aimé qu’il nous donne crédit. Ma cheffe, Elizabeth May, parle des changements climatiques depuis avant son élection.»

Un appui au projet

En conférence de presse, le chef du Parti conservateur du Canada, Andrew Scheer, a de son côté fait part de son approbation au corridor gazier québécois. Il en a profité pour mousser son projet de corridor énergétique transnational.

«Je supporte ce plan, qui créera des emplois, qui va nous permettre de transporter notre énergie propre de façon propre», a-t-il souligné.

Plus tôt mardi, le PLC a annoncé qu’il visera la cible de «zéro émission nette» d’ici 2050. Le PLC n’a toutefois pas donné suite aux questions de Métro sur le projet gazier.

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