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13:21 25 septembre 2019 | mise à jour le: 25 septembre 2019 à 23:17 temps de lecture: 4 minutes

L’agriculture au centre des préoccupations en ce 15e jour de campagne

L’agriculture au centre des préoccupations en ce 15e jour de campagne
Photo: François Carabin/MétroLa ministre de l'agriculture, Marie-Claude Bibeau

Cinq partis fédéraux se sont arrêtés mercredi devant l’Union des producteurs agricoles (UPA) afin de discuter des enjeux fédéraux en agriculture. L’UPA en a entre autres profité pour mousser l’idée de mieux subventionner l’agroenvironnement et exiger des mesures pour s’adapter aux traités de libre-échange.

Tous les partis qui comptent un député élu sous leur bannière ont défilé aux bureaux de l’UPA. Le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, élu sous le sceau des conservateurs, ne s’est donc pas présenté. 

«L’UPA applique la même règle à chaque élection depuis toujours», constate dans un courriel le conseiller aux communications de l’organisme Patrice Juneau.

L’UPA a déjà présenté ses priorités électorales aux formations politiques. Elle exige entre autres «un budget stable et prévisible aux initiatives stratégiques en environnement» pour favoriser leur floraison.

«Les pays en Europe et les États-Unis soutiennent beaucoup plus les interventions en agroenvironnement que ne le fait le Canada», affirme le président de l’UPA, Marcel Groleau.

En plus de demander au futur gouvernement de réviser son programme de travailleurs étrangers temporaires, l’organisation d’agriculteurs presse les partis de se positionner afin d’aider les entreprises confrontées à la signature de nouveaux traités de libre-échange.

«Les programmes de gestion des risques qui ont été massivement coupés en 2013 n’ont pas été redressés depuis», ajoute M. Groleau.

Gestion de risques

La ministre sortante de l’agriculture, Marie-Claude Bibeau, a dû répondre aux questions des membres de l’UPA. C’est la gestion de risques qui a occupé la place la plus importante de la discussion, alors que les changements climatiques et les accords commerciaux grugent les revenus des agriculteurs, selon plusieurs d’entre eux.

«C’est après quelques années qu’on a vu l’impact des décisions prises par les différents gouvernements. Il y a une adaptation pressante à faire», a soutenu Mme Bibeau.

Un peu plus tôt, le candidat conservateur Luc Berthold avait dénoncé une inaction des libéraux en agriculture. Il a en particulier dénoncé un manque de transferts directs aux producteurs dans la foulée de cette situation.

«Nous on a annoncé un plan de compensation, a maintenu M. Berthold. Les libéraux avaient quatre ans pour s’assurer que ce soit prévisible pour les électeurs.»

Il affirme que les agriculteurs «auraient déjà été compensés» sous un gouvernement du PCC. Une affirmation à laquelle Mme Bibeau répond en dénonçant un manque de «crédibilité» du candidat conservateur.

«On a vu ce que les conservateurs ont fait pendant neuf ans au pouvoir, a-t-elle affirmé. À quel point ils ont démoli les programmes de financement en agriculture, arrêté l’investissement dans la recherche et l’innovation…»

Le NPD, représenté par sa candidate dans Berthier-Maskinongé, a pour sa part affirmé avoir toujours défendu le système de gestion de l’offre québécois. «En négociation, il y a des choses qu’on ne veut pas mettre sur la table. Ça inclut la gestion de l’offre», a-t-elle avancé.

«Derrière les portes closes, le PLC et le PCC sont prêts à tout sacrifier», a-t-elle repris.

Fronde contre les pesticides

Le Bloc québécois est le premier parti à être passé au bâton, mercredi matin. Son chef, Yves-François Blanchet, a lui aussi réitéré l’importance de compenser les agriculteurs à la suite de la ratification de traités de libre-échange économiques.

«Les décisions antérieures dans les négociations commerciales se sont avérées systématiquement défavorables et nuisibles au milieu agricole», a lancé M. Blanchet.

L’interdiction complète des pesticides «tueurs d’abeilles» proposée par le Bloc a également été ramené sur la table, mercredi. «Ça prend des méthodes vérifiés et avérées pour remplacer les pesticides», a tenu à dire Marcel Groleau.

Au Parti vert, la protection contre les pesticides demeure primordiale, a remarqué le chef adjoint du parti, Daniel Green.

«Dans le dossier des pesticides, les agriculteurs sont plus des victimes que des pollueurs», a expliqué le candidat.

Pour contrevenir aux impacts néfastes des engrais chimiques, les Verts étudient d’ailleurs la possibilité d’obliger les manufacturiers à fournir de l’équipement de protection.

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