Une Américaine à l'Université de Montréal
Alors que de nombreux étudiants d’ici bouclent leurs valises pour aller poursuivre leurs études à l’étranger, nos voisins du Sud sont peu nombreux à venir étudier dans un établissement francophone. Une soixantaine d’Américains sont inscrits à l’Université de Montréal (UdeM) cette année.
Catherine Pirkle fait partie du nombre. «J’ai toujours aimé voyager et explorer de nouveaux horizons», dit l’Américaine qui n’a pas peur des défis. La route n’a pas toujours été facile pour cette résidante d’Orange County, près de Los Angeles, qui obtiendra officiellement ce mois-ci son diplôme de maîtrise en santé communautaire de la Faculté de médecine.
«J’ai travaillé très fort, mais j’ai aussi eu beaucoup de soutien de la part de l’Université et de mon département, confie l’étudiant de 25 ans dans un bon français. Cela a grandement favorisé ma réussite.»
Présence étrangère à l’UdeM
L’attention accordée par l’Université de Montréal aux étudiants étrangers ne date pas d’hier. Depuis la fondation, en 1948, d’une association des étudiants étrangers, cette clientèle n’a cessé d’augmenter. Avec près de 6 000 étudiants venus d’autres pays, l’UdeM et ses écoles affiliées représentent aujourd’hui l’établissement d’enseignement supérieur le plus cosmopolite du Canada après l’université McGill.
Depuis trois ans, on note une augmentation de la clientèle en provenance des États-Unis. Alors qu’on ne comptait que 35 étudiants américains en 2001, leur nombre atteint plus de 60 en 2008. «C’est un progrès qui nous réjouit, affirme Alain Boutet, directeur des relations internationales. mais nous avons encore beaucoup d’efforts à faire pour en attirer davantage. C’est d’ailleurs un des objectifs de notre stratégie internationale.»
Montréal : l’endroit idéal
Ayant eu la chance de bénéficier d’une bourse de l’Uni-versité McGill pour effectuer son baccalauréat en sciences environnementales, Catherine Pirkle a choisi d’emblée le Québec comme terre d’études. Un goût cultivé durant les étés 1997 et 1999, alors qu’elle a visité Montréal avec son père. «Je voulais étudier ailleurs qu’aux États-Unis, et les droits de scolarité au Québec sont minimes comparativement à ceux des universités américaines, indique-t-elle. Montréal me semblait l’endroit idéal.»
L’étudiante dit avoir tiré profit de cours suivis en français. Cela lui a été fort utile tant pour maîtriser la terminologie utilisée dans son domaine que pour acquérir une certaine habileté à s’exprimer oralement dans la langue de Molière. Et pour l’écrit? «J’ai encore du travail à faire», concède l’étudiante.
Bien qu’elle parle un français convenable, Catherine Pirkle a préféré rédiger son mémoire, qui portait sur la mortalité maternelle au Mali, en anglais. Un privilège que les étudiants étrangers peuvent réclamer et qui ne semble causer aucun problème, puisque publier dans cette langue est monnaie courante pour la plupart des universitaires.