Une femme de tête sur les chantiers
Des femmes qui travaillent sur les chantiers, il n’y en a pas beaucoup au Québec. Alors des femmes qui, comme Josée Lemire, dirigent des chantiers, c’est encore plus rare.
En 1997, 243 femmes seulement travaillaient dans le domaine de la construction au Québec. Un faible 0,3 % qui s’est amélioré grâce à une politique d’accès vigoureuse – la Loi R-20.
En 10 ans, près de 3 000 travailleuses ont ainsi tenté leur chance, mais 56 % d’entre elles ont abandonné en cours de route, soit un peu plus que le taux de départ moyen dans la profession (40 % des travailleurs de la construction restent moins de cinq ans). Ça ne risque pas d’arriver à Josée Lemire, ancienne responsable Ventes et marketing, qui est devenue entrepreneure générale, l’année dernière, à l’âge de 44 ans.
«Ce métier, je le fais par passion, pas pour prouver quoi que ce soit», explique cette mère monoparentale qui avait déjà 14 rénovations à son actif avant de lâcher son emploi, de retourner aux études et de lancer dans la foulée sa propre entreprise : Projekt construction.
Seules 7 % des entreprises engagent des femmes
En 2007, 1 656 femmes travaillaient sur les chantiers de construction. Ces dernières ne représentaient que 1,3 % des travailleurs québécois, le plus bas taux au Canada. En Alberta, c’était 5,9 %, et 4 % à l’Île-du-Prince-Édouard.
Seulement 7 % des employeurs québécois de la construction comptent une femme dans leurs effectifs. «Mais une fois la surprise passée, la collaboration est généralement très bonne», note Josée Lemire, qui dit beaucoup apprécier la camaraderie qui règne sur les chantiers Ce sont les métiers de peintre, plâtrier, calorifugeur, magasinier et préposé à l’arpentage qui intéressent le plus la gent féminine. «Elles sont généralement appréciées pour leur minutie», indique André Martin, porte-parole de la Commission de la construction du Québec.
Dans le cas de Josée Lemire, c’est certainement aussi son degré d’engagement qui a fait la différence. «Mes journées commencent tôt. Grâce à l’internet et à mon cellulaire, je m’assure que tout le monde est sur le chantier, qu’il n’y a pas eu de défections.» Son domaine, c’est la construction résidentielle et commerciale. «Ensuite, il faut s’assurer que les commandes de matériaux n’auront pas de retard, rencontrer de futurs clients, essayer de trouver de nouveaux collaborateurs. Finalement, il y a beaucoup de points communs avec mon ancien métier de gestionnaire dans la publicité!»