Photographe de presse: rapporter les nouvelles en images
Le premier ministre dévoile un important projet d’autoroute. Une athlète de renom annonce sa retraite. Un gros incendie fait rage en plein centre-ville. Et la météo fait des siennes. À tout coup, le photographe de presse est présent pour rapporter l’histoire en images.
«C’est ce que j’adore de ce métier; c’est très varié», explique le photographe du quotidien La Presse Bernard Brault. Ce dernier est de retour de Chine, après avoir couvert les Jeux olympiques. Les exploits de Michael Phelps et de Usain Bolt, il les a tous mitraillés.
À l’emploi de plusieurs journaux hebdomadaires de la région de Montréal, Martin Alarie carbure à l’adrénaline. «Les échéances, c’est trippant, dit-il. Des fois, on n’est pas content parce qu’on n’a pratiquement pas de temps pour faire une photo, mais quand c’est pour la une du journal…»
Malgré le manque de temps, les photographes de presse doivent penser à se démarquer de leurs collègues. «Il faut être créatif et trouver un angle différent pour prendre une photo qui n’ait pas été prise un millier de fois», rapporte Peter McCabe, un photographe qui travaille à son compte.
Horaire démentiel
Si leur quotidien est trépidant, leur horaire, en contrepartie, est aberrant. Martin Alarie a répondu aux questions de Métro entre 2 de ses 18 assignations. A-t-il le temps de respirer? «Pas vraiment», lance-t-il en riant.
Cet été, Bernard Brault a fait l’aller-retour de Montréal à Québec pour tirer le portrait de Sir Paul McCartney en plein concert sur les plaines d’Abraham. «On part et on ne sait pas à quelle heure on va revenir», mentionne-t-il. Travailler de 9 à 5, ce n’est pas notre lot.»
De son côté, Peter McCabe se renseigne tous les jours sur ce qui retient l’attention à Montréal, au Québec et même au Canada. «J’essaie de voir comment les derniers événements de l’actualité peuvent toucher les Montréalais, et j’essaie de voir quelle sorte de photo je pourrais prendre», explique-t-il. Parfois, certains médias font appel à ses services pour des commandes précises, mais il préfère ne pas attendre que le téléphone sonne pour aller chasser.
Gagner sa vie comme photographe de presse peut être ardu pour certains. Martin Alarie est incapable de vivre avec les demandes de photos des journaux hebdomadaires. Il fait divers contrats corporatifs et quelques piges pour d’autres médias afin de joindre les deux bouts et se payer du bon temps.
Même son de cloche du côté de Peter McCabe. «C’est une bonne année en raison des élections et des Olympiques, dit-il. Mais après les élections, je m’attends à un hiver tranquille et très froid. Beaucoup de médias auront défoncé leur budget de photos.»
Révolution technologique
Depuis la fin des années 1990, les photographes de presse ont recours uniquement à la technologique numérique. «Une course de Michael Phelps, c’est environ 200 photos, rapporte le photographe de La Presse Bernard Brault. On n’aurait pas pu faire ça avant, parce qu’il fallait calculer le temps que ça prend pour changer un film de 36 poses. Et le fait qu’on puisse voir nos résultats assez rapidement nous permet d’essayer des choses différentes.»