Soutenez

De la France à Montréal pour trois années d'études universitaires

Le 24 août, à 10 h pile, Sandra Lefèvre entrait pour la première fois dans sa chambre des résidences de l’Université de Montréal (UdeM) et poussait un grand soupir de soulagement. «La chambre me plaît. Il y a beaucoup de rangement, ainsi qu’un lavabo et un frigo. Je m’attendais à une chambre plus petite», indique la jeune Française de 20 ans originaire de Saint-Germain-en-Laye, en Île-de-France.

Enthousiaste à l’idée de passer les trois prochaines années à Montréal, l’étudiante inscrite au baccalauréat en science politique a organisé son séjour avec beaucoup de minutie. Elle n’avait oublié qu’une chose : le coup de cafard, celui qui survient quand on s’y attend le moins et qui ébranle la meilleure volonté du monde. «J’ai trouvé les premiers moments difficiles, mais maintenant ça va mieux», confie Sandra Lefèvre, qui s’est dite un peu prise au dépourvu par les taxes sur les produits et la diversité des aliments offerts dans les supermarchés. «Chez nous, il y a moins de choix et tout est clairement indiqué sur les emballages. Ce n’est pas toujours le cas ici.»

Consciente que le temps et le contact prolongé avec la nouvelle culture sont les meilleurs remèdes contre le choc culturel, la jeune femme s’est empressée de visiter sa ville d’accueil et l’UdeM, université qu’elle ne connaissait qu’à travers des dépliants. Elle a ra­conté ses impressions à Forum, qui l’a rencontrée une semaine avant le début des cours du trimestre d’automne.

Les bonheurs de Sandra
«L’architecture typiquement québécoise, ses maisons avec des escaliers en fer forgé et le Vieux-Port m’ont totalement séduite», commente l’étudiante. La propreté des bâtiments universitaires l’a aussi agréablement étonnée. Mais ce qui la frappe surtout demeure le côté chaleureux des Québécois. «Les gens sont moins stressés qu’en France. Ils sont enjoués et faciles d’approche.» Elle mentionne aussi ne pas avoir de difficulté à comprendre l’accent du pays. «Je le trouve tout à fait charmant.»

Autre sujet d’étonnement : les écureuils. «Ils sont énormes!» lance la jeune femme fascinée par ces rongeurs qui lui rappellent un peu son en­fance. «J’ai vécu en Suisse jusqu’à l’âge de huit ans avant de déménager avec ma famille en France. Là-bas, il y a beaucoup d’écureuils roux. Mais ils sont tout petits.»

Sandra Lefèvre est ravie par l’accueil que réserve aux étudiants d’outre-mer le Bureau des étudiants internationaux et ne re­grette pas d’avoir décliné les offres des autres universités. «J’ai choisi l’Uni­versité de Montréal parmi plusieurs établissements, notamment parce qu’elle semblait accorder plus d’importance et de soutien aux étudiants étrangers. Ce n’est pas de la frime», constate celle qui a préféré l’UdeM avant tout en raison de «la qualité du programme».

Des projets et des rêves

Née d’un père belge et d’une mère colombienne, Sandra Lefèvre n’a pas opté pour la science politique par ambition. «Je m’intéresse surtout aux relations internationales», précise cette polyglotte (elle parle quatre langues, dont l’italien et l’espagnol). Bien qu’il soit encore trop tôt pour échafauder des plans professionnels, elle aimerait bien à la fin de ses études consacrer du temps à l’aide humanitaire par l’intermédiaire des activités d’UNICEF en Amérique latine ou en Afrique.

Si elle est parfaitement consciente que les études occuperont ses prochaines années, elle s’attend tout de même à connaître une vie riche. «Je suis motivée à bien réussir mes études, souligne-t-elle, mais je veux aussi rencontrer des gens, profiter au maximum de cette expérience.»

Pour elle, le fait d’habiter aux résidences facilite beaucoup son intégration sociale. «C’est une microsociété où tous vivent à peu près les mêmes émotions, explique l’étudiante. On quitte tous un milieu familier pour plonger dans un contexte nouveau avec tout ce que cela comporte de possibilités de croissance et de difficultés. Il y aura inévitablement une période d’adaptation, mais c’est rassurant de savoir qu’il y a d’autres personnes dans la même situation.»

Le pouvoir de la guitare
Si le cafard revient, Sandra Lefèvre sortira sa guitare – elle en joue depuis l’âge de 12 ans – et canalisera ses émotions grâce à la musique. Au besoin, elle sait aussi qu’elle peut gratuitement faire appel au service d’aide psychologique du campus. «Tout devrait bien aller, affirme l’étudiante, confiante. Et je ne suis pas seule, j’ai une amie polonaise qui étudie à l’Université McGill.»

Craint-elle les initiations étudiantes? Non, semble dire Sandra Lefèvre, car on lui a parlé du caractère plutôt bon enfant de ce rituel au cours duquel les nouveaux étudiants se déguisent et subissent de bon gré les fantaisies de leurs aînés. «En France, cet évènement initiatique ap­pelé bizutage se déroule de façon beaucoup moins civilisée, les excès étant de mise», signale celle qui appréhende davantage nos hivers. «J’espère que je vais survivre à mon premier hiver en terre québécoise!» dit-elle en souriant.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.