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Les joueuses de hockey prennent leur place à l'université

Journal Forum de l'Université de Montréal

À part l’apparition d’un gros logo au centre de la patinoire du CEPSUM et quelques éléments visibles ici et là, on n’a pas beaucoup entendu parler de l’équipe de hockey féminin des Carabins de l’Université de Montréal depuis l’annonce de sa création, il y a un an. Le compte à rebours menant à leurs débuts officiels, prévus pour l’automne 2009, est pourtant bel et bien amorcé.

«C’était assez abstrait au moment où l’on devait définir l’orientation et la vision de ce que nous voulions implanter, souligne Isabelle Leclaire, une des trois dames du hockey à piloter le projet. Sans oublier le recrutement, qui est évidemment l’une de nos priorités.»

Déjà sur la glace
Depuis quelques semaines, toutefois, c’est plus concret. Une dizaine d’étudiantes-athlètes qui aspirent à une place dans la formation l’an prochain sont à l’entrainement. Elles vivent déjà à un rythme qui ressemble à celui d’une vraie saison : deux ou trois séances d’entrainement hebdomadaires sur la glace avec France St-Louis et trois en-dehors de la patinoire en compagnie de Marie-Claude Lapointe, qui travaille également avec l’équipe nationale.

«Le recrutement va bon train, tous nos rapports avec des joueuses potentielles sont extrêmement positifs. Il est encore tôt pour confirmer la venue de joueuses d’importance, mais les Carabins suscitent beaucoup d’intérêt dans le milieu du hockey féminin québécois», analyse Isabelle Leclaire.

Les mois qui viennent permettront de franchir les autres étapes nous séparant des premiers coups de patin des joueuses en bleu roi et blanc. «Ça va de l’achat de l’équipement à l’organisation de l’aréna en passant par le design des uniformes ou encore la recherche de commanditaires», indique Mme Leclaire.

«On se penchera aussi sous peu sur la nomination de l’entraineur-chef», dit pour sa part Danièle Sauvageau, qui a occupé cette fonction au sein de l’équipe nationale et qui dirige aujourd’hui l’organisation de la formation chez les Carabins. 

Écrire une page d’histoire
L’histoire. Le mot revient souvent dans les conversations. On sent que les gens en place, joueuses comme dirigeantes, ont vraiment l’intention de changer les choses et d’ouvrir des portes aux hockeyeuses de demain. Un petit tour dans le vestiaire des futures Carabins ne laisse d’ailleurs aucun doute à ce sujet.

«Le calibre de jeu de notre équipe est à bâtir, mais on devra se mesurer à des adversaires comme l’Université McGill, qui trône au sommet du classement canadien. Cela nous aidera à progresser rapidement, explique Danièle Sauvageau. Notre préparation n’est pas toujours évidente, mais c’est le prix à payer quand on veut être partie prenante de l’histoire. «Nous sommes d’ailleurs à la recherche de joueuses de talent qui auront le goût de dire dans 15 ans qu’elles ont contribué à la naissance de ce programme de hockey.»

Témoignages
Parmi les étudiantes-athlètes qui font déjà partie du groupe d’entrainement des Bleues, la gardienne de but Catherine Herron et l’attaquante Stéphanie Daneau partagent le même avis. «J’ai fait partie du plus vieux programme de hockey universitaire au Canada à l’Université McGill. Main­tenant, j’ai la chance de voir naître celui qui sera le plus jeune et je suis très contente de vivre cette aventure», déclare Catherine Herron.

«Je suis convaincue que, dans quelques années, les Carabins seront une référence et qu’ils inciteront plusieurs filles à rester au Québec. Je connais de bonnes joueuses qui ont dû arrêter de jouer, car elles ne voulaient pas étudier en anglais», poursuit-elle.

Quant à Stéphanie Daneau, elle explique: «J’ avais un peu perdu la passion du hockey à la suite d’une mauvaise expérience d’intégration dans une université anglophone, mais je suis en quelque sorte retombée en enfance depuis notre premier entrainement au CEPSUM. C’est certain que le côté historique nous interpelle.»

«Je suis stressée juste à penser au moment où nous enfilerons l’uniforme des Cara­bins pour jouer notre premier match», conclut-elle pour expliquer la fébrilité qui règne déjà dans le vestiaire.

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