Formation et emplois

Diplôme d'études collégiales en électrophysiologie médicale: une formation en difficulté

Le cégep Ahuntsic, à Montréal, est le seul établissement au Québec à former des techniciens en électrophysiologie médicale. Mais la formation, qui ne compte que 32 diplômés chaque année, peine à pourvoir tous les postes dans un secteur qui tente de résoudre ses problèmes de main-d’Å“uvre.

L’électrophysiologie mé­di­cale regroupe un ensemble de techniques permettant de capter l’activité électrique d’organes ou de systèmes ayant des cellules excitables. Les tests électrophysiologiques sont faits dans un but diagnostique et font donc partie de l’ensemble des tests complémentaires permettant d’identifier la nature d’une pathologie ou d’orienter un traitement. «L’électrophysiologie mé­­dicale fait partie de la chaîne de diagnostic médical, explique Annie Glazer, responsable de la coordination en électrophysiologie médicale au Collège Ahuntsic. C’est un véritable travail d’enquêteur et un métier d’avenir.»

Pénurie annoncée
Les 80 étudiants qui viennent d’intégrer le diplôme d’étu­des collégiales (DEC) en technologie de l’électrophysiologie médicale pour une durée de trois ans n’auront aucun mal à trouver un emploi à la fin de leur cursus.

Un emploi qui se révèle par ailleurs plutôt bien rémunéré, le salaire moyen en début de carrière étant de 19,16 $ l’heure dans le secteur hospitalier. Selon les données du ministère de l’Éducation, le métier de technicien en électrophysiologie médicale est d’ailleurs l’un des 30 métiers de la formation technique présentant les meilleures perspectives d’avenir.

Pas étonnant, dans ces conditions, que ce DEC bénéficie d’un taux de placement excellent. Cent pour cent ont en effet obtenu un emploi, dont la majorité (83 %) à temps plein. Certains étudiants sont même engagés à l’avance, dès la première année leurs études.

Mais ce taux de placement parfait reste néanmoins significatif du fossé qui existe actuellement entre la demande et l’offre dans ce métier. «Il est évident que nous ne formons pas assez d’étudiants par rapport à la demande du marché, affirme Mme Glazer. Il y a un manque de personnel incroyable ici, et nous n’avons pas les infrastructures nécessaires. Nous avons quand même réussi à doubler le nombre d’admissions depuis 2003, mais ce n’est pas suffisant.»

Problème récurrent
Selon Montréal Interna­tional, un organisme qui représente la métropole auprès d’organisations internationales, l’industrie des technologies de la santé est appelée à vivre un problème aigu de pénurie de main-d’Å“uvre. Plusieurs centres hospitaliers du Québec manquent déjà cruellement d’effectifs, et les formations, pas assez connues, ou manquant de places, n’attirent pas assez de monde.

Les employeurs se disputent ainsi carrément les jeunes qui terminent une formation collégiale dans ce secteur, que ce soit en soins infirmiers, en réadaptation physique, en inhalothérapie, en archives médicales, en radio-oncologie ou en électrophysiologie médicale.

Programme méconnu
En ce qui concerne l’électrophysiologie médicale, le problème réside dans le fait que cette technique jeune, qui n’existe que depuis 27 ans, est encore trop méconnue et attire donc trop peu d’étudiants. D’où l’actuelle pénurie dans le domaine, une pénurie que l’on prévoit être de 38 % en 2015 et de 43 % en 2020. Pour Mme Glazer, «il faut absolument donner plus de visibilité à la formation pour augmenter les demandes d’admission».

La solution pourrait en effet passer par une meilleure publicisation du DEC en électrophysiologie médicale, et il semble que les dirigeants du cégep l’ont très bien compris. Cette année, deux enseignants de l’établissement ont été libérés pour faire la promotion de la formation, par l’entremise des médias, mais également grâce à des démarches dans les écoles ou les hôpitaux.

www.collegeahuntsic.qc.ca

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