Formation et emplois

Des classes modèles à l'étude

Szonja Krezinger - Metro World News en Hongrie

Trouver des solutions pour en finir avec la violence à l’école, voilà un sujet sur lequel s’est penché le professeur de sociopsychologie américain Elliot Aronson.

Le chercheur est connu partout dans le monde pour sa méthode d’apprentissage coopératif Jigsaw Classroom, ou «classe casse-tête». Com­ment en est-il venu à la créer? Après avoir observé que les classes mixtes (avec des élèves blancs, noirs et hispanophones) ne fonctionnaient pas comme elles le devraient. «Les gens pensaient qu’une classe mixte permettrait de surmonter les préjugés et l’ignorance, a-t-il expliqué à Métro. Ils croyaient que le fait de regrouper ces enfants ensemble et de les amener à se connaître ferait toute la différence.»

Cependant, les choses ne se sont pas passées comme prévu et les préjugés ont grandi.

À partir de ce constat, M. Aronson a élaboré le concept de «classe casse-tête», où chaque classe est divisée en groupes de 5 ou 6 élèves. «Tous les groupes sont formés d’enfants ayant des habiletés et provenant d’un environnement particulier, et chaque membre du groupe a une tâche à accomplir», continue-t-il. Par extension, les élèves de chaque groupe ayant la même tâche peuvent coopérer, et enfin, la classe met tout en commun en faisant des présentations orales en groupe.

Compétition et coopération
«Les « classes casse-tête » permettent de combiner esprit de compétition et coopération, alors que tout le monde travaille en petits groupes, illustre M. Aronson. Les élèves apprennent à porter attention aux autres et voient au-delà des différences en réalisant davantage ce qui les lie entre eux. Ils deviennent plus tolérants, aiment l’école, étudient mieux et s’apprécient davantage.»

La violence est un phénomène bien connu aux États-Unis. Les préjugés, l’intolérance, la religion et le racisme peuvent mener à la violence. Elliot Aronson a d’ailleurs écrit, un an après la tragédie de Columbine (où 23 élèves et un professeur ont été tués par deux élèves qui se sont enlevé la vie par la suite), le livre Nobody Left to Hate: Teaching Compassion After Columbine sur le sujet.

«Je pense que je connais la solution au problème qui a engendré cette tragédie. Les deux élèves à l’origine de tout ça étaient constamment rejetés. Cela ne justifie pas ce qu’ils ont fait, mais ça aide à comprendre pourquoi.»

Selon M. Aronson, «la classe casse-tête» et des approches similaires peuvent aider à combattre la violence à l’école. «L’important, c’est de comprendre que les jeunes d’aujourd’hui sont les adultes de demain. Ils ne doivent pas seulement accepter la différence, mais aussi la tolérer et apprendre grâce à elle.»

Articles récents du même sujet